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Nous sommes désormais à mi-chemin de l’ouverture, le printemps est désormais installé avec des journées de plus en plus longues et un ensoleillement qui réchauffe la surface des eaux. Mes semaines d’abstinences halieutiques ont permis de laisser les brochets se reproduire, de reprendre des forces et du gras.

Cela dit, en parallèle nos milieux aquatiques retrouvent une jeunesse avec une effervescence visuelle à la surface. Les poissons blancs commencent à se rassembler, les black-bass réapparaissent… de quoi entraîner des pulsions de pêche et là-dessus, je dois avouer qu’avec la non possibilité d’aller faire l’ouverture de la truite, mon état ne s’est pas arrangé. Il était temps pour moi de reprendre - doucement mais sûrement – la route de l’eau, c’est désormais chose faite.

Pour autant, malgré des envies de toujours plus et de réussir, les poissons sont restés sélectifs et compliqués à faire mordre. D’où l’intitulé de cet article, chaque détail peut compter et faire basculer une session catastrophique à prolifique.

Beaucoup de pêcheurs partent à la pêche avec des aprioris ou des envies. Mais une fois sur place et que les poissons ne réagissent pas comme souhaité, nous arrivons toujours à repousser la faute en trouvant des causes de l’échec : le temps, le site est pêché, etc… alors que parfois un paramètre modifié peut tout déclencher. Si effectivement le temps ou les conditions peuvent faire fluctuer l’approche et la pêche en elle-même sur l’activité des poissons, bien souvent la non capture est aussi lié aux pêcheurs…

Pour cela mes 3 dernières sessions sont les exemples mêmes de cette analyse et sans développer les 2 premières sorties, la troisième qui date de samedi dernier reste la plus parlante.

Sur mes 2 premières excursions de quelques heures, j’avais misé ma pêche sur le brochet sur des sites fréquentés mais relativement bien peuplés. Sur ces deux sorties, je me suis heurté à des poissons inactifs avec aucune touche ou de rares coups de nez. En procédant de manière logique et en éliminant des essais infructueux j’ai réussi à passer d’un « rien » à des déclenchements de brochets.

Sur ma première virée, les poissons répondaient uniquement à des nages agressives et une sonorité de leurres (basse fréquence). Après de nombreux passages sans suite pendant près d’une heure, le simple changement de leurre a provoqué des suivis à répétition de poissons moyens (45/70cm) et même d’un métré (ou presque) à plusieurs reprises. En évoluant ma recherche et en peaufinant la pêche, j’arrêtais systématiquement les suivis et les mouvements de ces poissons alors qu’en repassant sur mon gros jerk, je réenclenchais des suivis et des attaques du bout du bec. Il s’agissait donc bien d’un paramètre dans ce leurre qui attirait les poissons. Un point clé non présent sur les autres modèles.

Il m'a sauvé du capot mais cela reste néanmoins rien à côté de la pêche qui aurait pu se dérouler.

Il m'a sauvé du capot mais cela reste néanmoins rien à côté de la pêche qui aurait pu se dérouler.

Malheureusement je n’ai pas réussi à finaliser le « pattern » à savoir la finalité de l’attaque et la capture. Seul un poisson de 65cm me sauvera du capot. Trop peu outillé ce jour-là (juste le minimum), je suis passé à côté d’une « possible » correction chez les brochets.

Mais sans l’utilisation du leurre du jour, je serais également resté sur une impression d'un plan d’eau « vide », comme quoi...

La 2ème sortie, sur un autre site, fût similaire. Mieux équipé en leurre j’ai cependant pu affiner le pattern du jour. Sonorité et taille du leurre étaient combinées pour trouver la présentation parfaite (basse fréquence et jerk effilé de 10cm). Là aussi d’un simple « rien », j’ai déclenché 15 attaques où entre les décrochés, j’arrive à mettre 8 poissons sur la berge.

15 touches sur un unique leurre où les autres faisaient choux blanc.

15 touches sur un unique leurre où les autres faisaient choux blanc.

Bien qu’il ne s’agisse pas de record (petite pièce d’eau et poissons de 45/65cm), le côté intéressant a été cette divergence dans le résultat. Nombreuses présentations étaient refusées sans même être regardées alors que d’autres déclenchaient des suivis et/ou certains modèles permettaient la concrétisation de l’attaque. Comme le titre l’indique, le détail qui change…

Le problème pour trouver ce détail est dans la démarche. On essaie tout et on voit ce qui se passe ou alors on procède intelligemment par élimination ?

La dernière virée de Samedi montre une certaine approche et réussite par tâtonnement mais elle prouve bien que la pêche se joue parfois d’un petit « rien » mais que ce rien se base sur des essais logiques et les indices (ou pas) de touches.

Avec Alain, Félix, Fabien et son père, nous étions partis la journée à la recherche des black-bass. La météo n’était pas clémente : pluie et vent, mais nous supposions la présence de poissons réveillés et mordeurs. Au démarrage, nous avons tous débuté à l’aide de créature en texan ou en trailer sur jig. Si sur le premier ¼ d’heure de pêche, nous prenons 3 poissons de 43 à 46cm avec une pêche « potentiellement » trouvée. Nous étions loin d’imaginer ne plus prendre une touche pendant le reste de la journée…

Les 3 premiers poissons de la journée... et le début d'une longue période de vide.
Les 3 premiers poissons de la journée... et le début d'une longue période de vide.

Les 3 premiers poissons de la journée... et le début d'une longue période de vide.

Nous avions beau repasser sur la zone des 3 captures et sur le reste du plan d’eau, hors mis quelques rares touches sans suite, c’était le néant ! Au point qu’à 10h30, nous commencions à sérieusement être agacés et moi le premier de cet échec cuisant.

« C’est la faute à la météo », « nous sommes trop tôt dans la saison »… autant d’excuses possibles. Oui peut-être mais les poissons eux sont là. La quantité est présente, les postes connus et les précédentes journées ont réveillé l’appétit des black-bass : où est le problème ? Bien que les conditions devaient jouer sur la qualité de la pêche, les poissons n’ont pas disparu et il devait bien avoir quelque chose qui déclenche ne serait-ce qu’une poignée d'individus sur la totalité de la pièce d’eau.

Démarre alors tout un processus de recherche et d’élimination dans l’espoir de trouver le « pattern » pour sauver la journée. A 10h30, j’entame une recherche au shad sur les postes productifs du matin. L’idée étant de se rapprocher au maximum d’un fourrage où j’ai ensuite joué sur quelques modèles, couleurs et vibrations, malheureusement sans résultat. J’ai ensuite tenté une pêche au Worm en drop Shot puis wackie pour terminer sur une recherche rapide au poisson-nageur (sans puis avec bille). Mais à 12h30, aucune touche ne viendra conforter mes hypothèses et tests.

Ces 4 poissons pris coup sur coup et stockés en vivier prouvent qu'une fois la pêche trouvée, tout peut basculer.
Ces 4 poissons pris coup sur coup et stockés en vivier prouvent qu'une fois la pêche trouvée, tout peut basculer.

Ces 4 poissons pris coup sur coup et stockés en vivier prouvent qu'une fois la pêche trouvée, tout peut basculer.

Les indices, tout du moins les paramètres des prises du matin étaient les suivants : créature sur montage lourd et captures effectuées sur le secteur le plus profond. L’obligation du vent nous poussait à pêcher lourd pour contrôler la descente du leurre mais également aider dans la précision des lancers ; là était l’erreur.

A la reprise, je reprends la base d’une pêche à la craw au niveau de la digue mais en inversant la pêche pour une présentation non lestée ; jackpot ! Les poissons ne voulaient que des présentations lentes et qui coulent en feuille morte et cela même dans plusieurs mètres de profondeur. Pour cela, il fallait utiliser des grosses flappin (gros volume) en weightless pour intensifier le temps d’écoulement. Avec le vent, la pêche n'était pas évidente à mettre en place mais il s'agissait du "pattern".

Où chacun passait lourdement sans suite, avec cette présentation les touches se sont multipliées alors que depuis le matin les black-bass étaient devant nous. Sans la bonne présentation, il refusait nos leurres.

Le plus gros du jour, un joli ballon !

Le plus gros du jour, un joli ballon !

Tout cela pour confirmer le fait que malgré les conditions, du poisson, s'ils sont présents sur les lieux, il y'en a toujours à pêcher. En revanche, le fait de rester sur des acquis ou une technique de pêche ne permet qu'en de rares occasions (activités flagrantes) de faire "mouche".

Il faut savoir alterner et chercher le "pattern" soit pour sauver une journée soit pour la rendre magique. Toutefois, cette recherche ne doit pas se faire au hasard mais bien en éliminant paramètre par paramètre la couleur, la vibration ou la sonorité d'un leurre. Ces choix doivent se faire par des indices (suivis, touches ou non réaction des poissons) et par la réalisation d'une suite logique. On ne change pas un leurre en inversant la totalité des données mais bien en retirant une seule des données pour comparaison...

Sur cette session black-bass nous sommes passés de 3 poissons à midi à 15 en fin de journée. Sans ce détail et ce changement, nous serions peut-être restés à 3 voir 4/5 poissons. A méditer !

Tag(s) : #Session, #Conseil

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