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Le 23 et 24 mai se déroulaient les deux premières manches du championnat de France float-tube en zone Nord. Elles avaient lieu sur le mythique lac d’Orient dans l’Aube. Un début de saison dans le grand bain puisque se sont pas moins de 2 300ha d’eaux limpides qui attendaient les 40 compétiteurs.

En véritable mer intérieur, Orient représente aussi bien une démesure dans ses dimensions que dans sa population piscicole. Ici, une gestion rigoureuse et intelligente a permis de soutenir et maintenir les densités de poissons et notamment celle des carnassiers ; brochets, perches et maintenant silures y sont très bien représentés. Avec David, pour y avoir déjà pratiqué à plusieurs reprises, notre stratégie était essentiellement misée sur la pêche du brochet, l’espèce dominante sur le lac.

Pour cela j’avais opté pour 3 cannes :

-Shimano Spinning Crucial MH avec un Stradic 2500 pour les pêches aux poissons-nageurs de moins de 15cm

-Shimano CRCXE 610 MH avec un Calcutta DC pour les pêches lourdes à l’aide de gros shad et de bigbaits

-Shimano CRCE 70MH avec un Core pour les pêches au shad en linéaire

Dans le choix des leurres, je suis resté dans des tailles standards (compétition oblige) en choisissant tout un assortiment de shads 5’’ (Slop Hopper et autres) aux vibrations et formes différentes ainsi que des poissons nageurs évoluant de 0.50 à 3m sous la surface (X-Rap 10, BX-Swimmer, Mitsou…). Les leurres plus conséquents étaient réservés à la pêche loisirs d’après compétition ou à la recherche d’un éventuel pattern sur les deux jours de pêche. D’autant plus que les habitués annonçaient des conditions très compliquées sur le lac et qu’il fallait non seulement réussir à déclencher des touches mais surtout à mailler à +65cm.

Un tout gros...

Un tout gros...

Sur cette première manche, ma stratégie consistait à pêcher le large de toutes les ruptures de berges. En effet, le lac d’Orient est caractérisé par des berges aux pentes très douces où les herbiers poussent jusqu’à des profondeurs de 10m. Sur les grands linéaires, les fonds restent trop uniformes avec des poissons mobiles sur l’étendue, des brochets qu’il faut réussir à intercepter. Par chance la zone du samedi bénéficie de nombreuses entrées de baies et pointes. Les fonds y subissent automatiquement une rupture créant ainsi des langues, hauts fonds ou dômes herbeux qui cassent la monotonie. Dans ces circonstances des couloirs se dessinent avec des péages supposés à brochet où il est possible de retrouver des poissons ancrés. Ses postes sont identifiables et vont me permettre de gagner du temps dans mes recherches.

Tactiquement, au vu des conditions actuelles jugées difficiles, mon idée consistait à faire évoluer des poissons nageurs sans billes (en tête le BX-Swimmer) sur les hauts des plateaux (profondeur de 2.5 à 4m) et de pêcher en retrait (entre 4 et 7m) au shad en essayant de tenir au maximum l’herbier. Cette dernière pratique est la plus compliquée à réaliser puisque le pêcheur doit réussir à juger - sur un lancer de plus de 30m à des distances de parfois plusieurs 100aine de mètres des berges - où son leurre se situe dans la masse d’eau et vis-à-vis des herbiers pour être le plus opérant possible. Mais tout cela reste de la théorie, qu’en était-il sur l’eau ?

Le même sous un autre angle.

Le même sous un autre angle.

Au top départ 9h, tous les compétiteurs partent de la plage pour rejoindre la zone du jour distante de 700m. Avec l’interdiction de pêcher avant le franchissement des limites de zone, je décide d’accélérer pour atteindre le plus rapidement possible la grande baie autorisée à la pêche. A ma grande surprise, je prends l’ascendant sur tout le monde et arrive avec avance le premier. Mes efforts seront ensuite accentués sur une grosse centaine de mètre pour conserver cet écart et bénéficier de zones vierges le plus longtemps possible.

Après m’être recalé dans des profondeurs confortables (autour des 6m), je commence une prospection méticuleuse en direction des berges. Placé à une 50aine de mètre des bordures, l’idée est de lancer dans les 3/3.5m et de faire descendre progressivement mon leurre jusqu’au float-tube en tenant l’herbier. 15 lancers suffiront pour déclencher ma 1ère touche, le blocage est franc et j’amène un poisson maillé à l’épuisette. Le temps de combattre, décrocher le poisson et le mettre au vivier, certains compétiteurs commencent déjà à me récupérer. J’hésite alors entre partir du poste pour le fond de baie ou insister, chose que je vais faire. Il faut savoir que sur Orient les densités de brochets sont telles qu’on retrouve bien souvent plusieurs individus sur une même zone, je compte bien en profiter.

Alors que les commissaires m’ont repéré, je poursuis ma pêche à descendre la pente. Après 5m de récupération je reprends une violente touche. Un bon ferrage m’assure le poisson et cela tombe bien ; il semble joli ! Les écarts entre les coups de têtes sont importants et le poisson oppose une bonne lourdeur, aucun doute il est maillé à 65+. Tranquillement je le ramène jusqu’au float avant de réellement comprendre ce que je tiens de l’autre côté de la surface. Le combat prend alors une tout autre ampleur et je suis dans l’obligation de desserrer le frein du Core. La Crucial CRCE 70MH est en deux et 15m de tresse sortent d’un seul élan. La pression exercée par le poisson est importante, c’est un tout gros brochet. Les rushs se multiplient et mes estimations augmentent jusqu’à apercevoir ce poisson métré. L’épuisette est prête, je resserre le combat pour le faire monter rapidement en surface. Du premier coup je hisse la tête dans les mailles et lâche la canne pour balancer à la main le reste du corps au fond. Un cri de joie explose, je connais toute l’importance de ce poisson. La manche vient seulement de commencer, j’ai deux poissons à faire mesurer dont un bonus, je ne pouvais pas mieux commencer !

Un métré en compétition ça vaut de l'or...

Un métré en compétition ça vaut de l'or...

Tous les compétiteurs connaissent bien ce sentiment, avec un tel début, il peut se passer n’importe quoi, vous êtes au taquet et concentrés. La manche se poursuit, j’arrive alors sur plateau herbeux de 3.5m de profondeur. Si je laisse trop couler mon shad, je suis inopérant, il est temps de passer au poisson-nageur. Quoi de mieux qu’un BX-Swimmer et une nage naturelle (sans bille) pour décider les plus réticents des brochets. Mon choix sera le bon puisque 20 lancers suffiront à déclencher un 3ème poisson de près de 70cm ; puis un 4ème que je décroche.

La manche se déroule comme prévue et rien ne semble compromettre ma stratégie. Malheureusement jusqu’au Gong final je multiplierai les touches et les prises sans jamais remailler au-delà des 65cm. Seuls deux poissons corrects m’échapperont, l’un de 65/70 au shad et le second -métré - qui me prendra au float tube avant de se dépiquer quelques secondes après le ferrage.

Mais je ne suis pas à plaindre, dans l’ensemble les pêcheurs n’ont pas réussi à trouver la pêche ou n’ont pas eu la chance de dépasser la barre des 65cm (c’est le cas de David avec 4 brochets). Seul un autre compétiteur, Vincent, réussira la même pêche en comptabilisant 3 poissons. Le métré bonus me permet de garder l’avantage et de finir 1er de cette première date de l’année. Une bonne stratégie et surtout une part de chance m’ont permis ce résultat, la seconde journée risque d’être tout aussi compliqué (grande plage monotone) mais je laisse le soin à David de la raconter.

Podium du jour

Podium du jour

Tag(s) : #Compétition

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