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Alors que tous les esprits sont aujourd’hui sur le week-end de l’ouverture et cette nouvelle saison qui démarre. Je me permets un petit retour en arrière sur une session de 2 jours aux carnassiers fin avril !

Nicolas Sauron me propose une session sur son site dédié à la Carpe, le domaine d’Emlo près de Clermont Ferrand ! Son étang possède une densité intéressante de brochets, sandres et grosses perches.

Autant dire qu’en pleine période de disette halieutique, je n’ai pas manqué de répondre positivement à cette offre. Pour cela, j’étais accompagné de deux amis : Fredy et Eric avec qui nous avons pu partager les frais de déplacement.

Après une longue route vendredi soir, les portes du domaine nous serons ouvertes tardivement dans la nuit par Ricardo (ami de Nicolas), qui malgré la fatigue nous accueillera très chaleureusement. La sensation de « pêche » commence alors à nous titiller, puisque Ricardo ne manquera pas de nous énoncer quelques anecdotes « croustillantes » des précédentes journées sur le site : des gros brochets qui suivent les leurres, des perches énormes…

Autant dire qu’à quelques heures de l’ouverture des hostilités, nous étions bien énervés. Si bel et si bien que personne ne traînera à se lever samedi matin. Cafés avalés, les cannes seront rapidement inspectées et équipées pour une mise à l’eau des float-tubes à 8h.

Secteur de la digue à Emlo: 5 ha de richesse

Secteur de la digue à Emlo: 5 ha de richesse

A ce moment-là, nous étions encore loin d’imaginer le week-end « orgiesque » que nous allions vivre ! Dès la mise à l’eau de mon float-tube, mon shad de 20cm sur fluoro 80% sera coffré par un sandre de 45cm…

Nous comprendrons ensuite que l’espèce termine juste la reproduction avec des femelles affamées qui n’hésitaient pas à attaquer nos leurres destinés aux brochets. Pas moins d’une 10aine de poissons calibrés entre 45 et 60cm seront ainsi capturés sur la 1ère heure de prospection à la digue. Des sandres en pleine phase de réalimentation à la recherche de protéines. Impossible de les éviter malgré la taille des leurres présentés ...

Des sandres boulimiques...

Des sandres boulimiques...

Mais nous ne sommes pas venus pour eux, bien que la fraie est ici terminée, nous voulons des brochets et notamment des gros !

Une pêche power en découverte des bordures s’imposait. Sur une rive aux multiples aspects : herbiers, rochers, arbres noyés, etc… je multiplierai les touches aux bigbaits ; 8 attaques réflexes avec des poissons suiveurs mais non ferrés. Je cède alors à la facilité en optant pour l’arme fatale : le spinnerbait (modèle TI1 – Bluefox).

Commence alors un enchaînement de capture, une dizaine de poissons de 50/65cm seront mis au sec en quelques dizaines de minutes.

Au spinnerbait, un véritable festival de touches
Au spinnerbait, un véritable festival de touches

Au spinnerbait, un véritable festival de touches

S’il ne s’agissait pas de gros sujets, le potentiel des lieux sur l’espèce est désormais dévoilé et entre les rangs quelques poissons « potables » finissent par sortir.

Premier 80+ du séjour.

Premier 80+ du séjour.

Peu avant midi, je totalise plus de 20 poissons calibrés mais il me manque la prise d’un vrai gros brochet.

Ma stratégie « amusement » passe alors par une volonté unique de ferrer un spécimen. Gros shad en main, j’entame une prospection mixée entre pleine eau et bordure. L’idée étant de proposer un volume intéressant aux brochets sur des animations relativement hautes (première couche d’eau) pour passer au-dessus d’eux. Le pêcheur est ensuite libre de varier sa vitesse de récupération pour déclencher ou provoquer une attaque.

Juste avant la pause midi, une belle touche finira par me stopper au pied d’un arbre, un 2ème poisson à 80+. Pas aussi long qu’escompté mais on se rapproche de la vérité souhaitée.

Autour de 85cm pour celui là

Autour de 85cm pour celui là

Autant dire qu’à midi, les sourires sont lisibles sur nos visages.

Tout le monde a pris du poisson dont un joli pike de 90cm pour Fredy. Malheureusement je n’ai pas la photo, le poisson a décidé trop rapidement de rejoindre son élément. On rigole, on s’amuse et bien que nous tardons un peu à s’alimenter, lorsque le mot d’ordre est d’y retourner nous repassons en mode pêche…

Pour autant, nous nous méfions de la pêche de l’après-midi. La météo évolue avec une baisse des précipitations et du vent. Les conditions ne sont plus les mêmes et un paquet de poissons ont déjà mal aux dents !

Pour cela, je ne joue plus dans la même cours et part directement à l’aide de gros leurre à la recherche d’un gros brochet. Je suis persuadé qu’en sélectionnant la taille des leurres, je pourrais passer plus facilement entre les « moyens » et séduire l’un des spécimens du site.

Ces derniers n’ont pas encore été touchés et la concurrence des petits sera moins rude !

Des 60/70cm à profusion

Des 60/70cm à profusion

Que nenni !

Les bordures ont vu un 2ème essaim de poissons de 55/65cm se postés. Les leurres de 20/25cm sont attaqués sauvagement avec quelques poissons plus honnêtes. Un brin d’espoir renait lorsqu’avec Éric nous ferons presque simultanément deux poissons mesurés à 88 et 80cm.

 

80 et 88cm pour la photo.

80 et 88cm pour la photo.

Figé sur ma stratégie, je continuerai à multiplier les touches avec ici et là des poissons plus jolis (75/85cm) mais il me faudra attendre la fin de journée pour prendre en pleine eau un blocage digne de ce nom !

Alors que le vent se calme, que la surface de l’eau se déride progressivement et qu’un gros nettoyage de brochet a été effectué sur la bordure, les touches deviennent plus timides et moins régulières. Ma concentration est maximale et elle se le doit.

En effet, quand vous multipliez les touches, vous êtes dans une spirale malsaine où vous lancez, animez et ferrez quand la touche intervient. Vous êtes dans l’euphorie du score et des touches. Hors, lorsque celle d’un vrai gros surgit, vous n’êtes plus complètement dans la réalité du moment. Déconcentré ou sur un nuage, le pêcheur perd régulièrement ce poisson !

Dans un même ordre, le mental a également son importance. Quand vous pêchez pleine eau, dos à la bordure, il faut réussir à s’y tenir et ce malgré l’absence de touche, les chasses ou les captures des collègues.

Pour ma part, mon choix était bien ficelé et la récompense est arrivée en fin de journée sur une énorme sacoche à mi profondeur. Un poisson lourd et puissant qui m’a immédiatement fait annoncer la tenue d’un poisson métré. Avec un bon ferrage j’ai assuré l’ancrage du triple voleur et le combat se fera en force pour éviter les rares obstacles.

Le verdict sera celui d’un très joli poisson en pleine forme.

Un vrai gros !

Un vrai gros !

Après cette capture, la journée est définitivement gagnée.

Le soleil se couche progressivement et les touches de brochets baissent en régime au contraire de celles des sandres, relancés en euphorie dans les bancs de fourrage. Encore une fois, les bancs sont si compacts que les leurres se font attaquer par les sandres, j'aurai juste l’occasion de rajouter un broc de 80+ au compteur.

Un des petits sandres énervés du soir et broc de 80+
Un des petits sandres énervés du soir et broc de 80+
Un des petits sandres énervés du soir et broc de 80+

Un des petits sandres énervés du soir et broc de 80+

Le score samedi soir est aberrant, du jamais vu !

Nous sommes euphoriques mais en même temps exténués, nous venons de passer une journée complète sur l’eau dans l’euphorie et l’adrénaline ; les nerfs redescendent progressivement.

La pêche du dimanche, nous le savons, sera plus complexe. Un très grand nombre de brochets (gamme 50/70cm) ont été piqué, il va falloir réussir à trouver et déclencher les gros. Cette population de spécimen est réelle et je reste confiant quant à leur capture. Les petits seront moins joueurs, nous devrions réussir à déclencher les poissons calés ce jour et qui n’avaient peut-être pas le temps de se déplacer par les attaques incessantes des tranches inférieures.

Dimanche matin, les yeux piquent au réveil mais je suis motivé. Les cannes sont revérifiées avec des fluoros neufs, rien n’est laissé au hasard. Je vais pêcher gros et je compte bien faire déplacer les métrés du site, aucun défaut n’est possible. Nous avons une grosse matinée de pêche avant de reprendre la route, il faut en profiter tout de suite.

 

Quelques jolis poissons énervés.
Quelques jolis poissons énervés.

Quelques jolis poissons énervés.

Les touches sont logiquement moins nombreuses et seuls quelques poissons sont leurrés aux quatre coins de l’étang. Entre quelques sandres et brochets moyens, des becs de 70/75cm se laissent piéger sur des présentations pourtant volumineuses mais me il faudra attendre la mi matinée pour que je débloque le compteur gros.

Sur une présentation au swimbait pleine eau, un premier poisson de +80cm se laissera prendre au piège et m’orientera vers une pêche de déclenchement.

La pêche trouvée: les gros poissons se suivent.
La pêche trouvée: les gros poissons se suivent.
La pêche trouvée: les gros poissons se suivent.

La pêche trouvée: les gros poissons se suivent.

La solution semble trouvée avec une multiplication des touches jusqu’à un arrêt sanctionné par un bon ferrage. Rien ne bouge, je suis pris dans un mur !

Les violents coups de têtes annoncent big-fish et Eric à mes côtés hallucinent quant à la force du poisson. Dans ma tête, je suis conscient d’avoir ferré un steak et me concentre sur le combat. Le poisson ne veut pas monter et me gratifie de jolie démarrage jusqu’à son apparition. Un large dos transperce la surface, le poisson doit frôler les 110 et semble bien piqué. Je dis bien « semble » puisque dans les secondes suivantes, il expulsera le leurre sans fautes flagrantes durant le combat…

Un cri de colère transperce ma gorge, pour n’avoir rien décroché du week-end, ce poisson fait mal d’autant plus que le leurre sera perdu par catapultage sur les lancers suivants…

Le moral en prend un coup et je ne suis plus dans ma pêche ! Je tente de retrouver un leurre similaire, dans les mêmes tonalités, vibrations et profondeurs de nage mais non…

Pendant une 1h, je pêchouille et ne suis plus dedans et ce n’est pas les quelques poissons ferrés qui m’ôteront ces images de la tête.

Régulièrement sur les leurres à brochet, des sandres se piquaient.

Régulièrement sur les leurres à brochet, des sandres se piquaient.

Pour autant, je sais que d’autres « gros » poissons rodent et je me ressaisis pour les leurrer. Je retrouve un swimbait bruiteur et recommence ma prospection pleine eau.

Bien que plusieurs petits poissons se laissent séduire et qu’il est l’heure de partir, je ressens une inspiration. Un orage monte au loin, mon regard est posé sur la surface de l’eau et alors que je palme vers les collègues, je me stoppe en milieu de plan d’eau ! Il faut que je lance une dernière fois… Instinct, un ressentit… je n’en sais rien mais je pressens l’action…

Concentré, l’animation alterne entre accélérations et pauses, la canne et mon esprit ne font alors qu’un seul élément. Je suis ailleurs. Les collègues m’appellent, je réalise une pause dans la récupération avant de me retourner pour voir où ils sont et c’est LA TOUCHE.

Le ferrage est puissant, l’amplitude des coups de tête m’assure que je tiens un nouveau gros poisson. Aucun bruit sur l’eau, Fredy et Eric ne se doutent encore de rien, mais je viens de ferrer un nouveau métré.

L’adrénaline monte, je ne dois pas le perdre et assure les premiers rushs. Au loin, j’aperçois les gars qui commencent à accoster, j’annonce en hurlant « métré ». Tout le monde se retourne, Nicolas le gérant court sur la bordure et moi j’assure la violence de mon adversaire. Le swimbait est planté bord de gueule, à la première montée près du float-tube, je saisis l’occasion pour l’attraper derrière la tête. Son dos est large, mes petites mains ont du mal à fermement le maintenir mais celui-là je l’ai !

Les gars lancent les pronostics 100, 105 ou 110 ? Alors que je rejoints la bordure, pour éviter tout incident lors des photos, je décide de retirer le leurre.

Le poisson est puissant, se serait dommage de se planter un triple dans la main. Le poisson m’échappe à plusieurs reprises jusqu’à ce que je l’assure par les ouïes. Le triple qui me semblait juste posé sur le bec est finalement solidement ancré. Peut-être trop bien d’ailleurs ?

Une fois retiré, je soulève le poisson, Nicolas est prêt à immortaliser la bête mais le brochet en voudra autrement. Libéré, il explose sa colère dans mes mains et mes doigts passent un sale moment. Ce qui m’oblige à le lâcher par sécurité pour lui et pour moi.

Le poisson tombe entre moi et la bordure, il reste devant nous, je n’essaye même pas de le récupérer. Il est mieux où il est, j’ai la main égratignée mais qu’importe, je l’ai eu ce poisson et il a le droit de retourner d’où il vient.

La photo n’est qu’une image fixe, les autres sont dans ma tête. C’est ainsi que se terminera le séjour, sur une bonne note d’un brochet d’au moins 105, quoi demander de mieux ! Beaucoup de poissons, de grands moments d’amitiés et un super week-end, un séjour entièrement réussit et surtout à refaire !

Tag(s) : #Session

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