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Encore un énième épisode sur ces fameux gros sandres où après de nombreuses années à le rechercher et plusieurs milliers de captures, le sujet des gros sujets reste encore flou ! Pourtant, des pistes sont aujourd’hui engagées, tant au niveau du comportement que des postes de pêche. Cela dit, pour valider ces hypothèses il faudra encore attendre de longs mois et même plusieurs saisons. Puisque je reste persuadé que pour percer une partie du mystère il faut s’y adonner à 100%. Et ce n’est pas en jonglant entre les compétitions, les destinations de pêche et autres envies que je pourrais avancer stratégiquement et techniquement dans la bonne direction.

Et oui, cibler uniquement les gros sandres est aujourd’hui encore impossible. S’il est facile de le faire pour les brochets avec une relative réussite, le sujet des sandres est bien plus complexe. Je dirais même que ce sont eux qui décident et le pêcheur n’a bien souvent qu’une part de réussite ou de chance lorsqu’ils les croisent. Bien sûr que cette chance peut être forcée dans l’utilisation de certains types de leurres (tailles notamment) mais également dans la pratique de certains postes (qui produisent régulièrement des gros sujets). Puis il est évident qu’à force de pêcher, poncer certains secteurs, il y’a un jour ou une période où le pêcheur peut tomber sur une frénésie ou un gros individu. Mais globalement, notamment au leurre, la moyenne des poissons capturés tourne bien souvent entre 35 et 65cm. Et ce ne sont pas les « sandristes » qui me contrediront si je dis que multiplier les sujets de + 70cm sur une même session n’est pas monnaie courante.

Statistiquement, les poissons de ce calibre ne répresente qu'entre 5 et 10% de mes captures selon les saisons. Pour pousser encore le bouchon plus loin, les sujets de +90cm ne représente que 1.0% de toutes mes captures depuis 1999... alors que la moyenne des poissons de cette taille atteint 94.0cm pour un max à 101 et 100cm. 

 

Le type de monstre que l'on recherche tous !

Le type de monstre que l'on recherche tous !

Pourtant, les sandres d’âges avancées sont très bien représentés dans nos eaux. Les vidanges et certaines euphories en témoignent, les sujets de 75/85cm représentent une part importante de notre cheptel. Et les gros sujets de + 90cm sont également nombreux à hanter nos étangs, lacs, fleuves et rivières. Alors pourquoi si peu de prises ??

Ma première hypothèse vient dans le choix des postes, à savoir que tous les beaux postes sont souvent déserts de gros individus. Je m’explique par une belle cassure en lac, un gros arbre noyé en rivière, etc… bref des postes d’écoles, véritables péages à sandres que les pêcheurs n’hésitent pas à stimuler tout au long de l’année. S’il arrive de parfois y ferrer un joli poisson, globalement je n’y ai jamais cartonné des gros individus. S’ils ont passé les années, ce n’est pas pour rien et ils savent se faire oublier sur des postes insoupçonnés. Une souche à l’écart, un massif rocheux scabreux et difficile à pêcher par les nombreux interstices, etc… sont pour moi autant de postes « typés » à gros sandre. Postes moins sollicités ou mal pêchés par l’impossibilité de correctement bien présenter un montage en font des refuges idéaux ! Le nombre de gros sujets que j’ai pu extirper ou perdre d’une souche ou d’un petit linéaire d’embâcles noyés habituellement négligé sont bien plus importants que les postes standards.

Des techniques et époques différentes favorables à la traque des géants.
Des techniques et époques différentes favorables à la traque des géants.
Des techniques et époques différentes favorables à la traque des géants.

Des techniques et époques différentes favorables à la traque des géants.

Le choix du secteur de pêche est pour moi le second critère d’une éventuelle réussite et notamment en lac de barrage. Tant que certains comportements n’ont pas été percés, je trouve qu’il est plus évident et régulier de ferrer des jolis poissons sur un site où la profondeur est faible. J’entends par là des profondeurs inférieures à 4/5m. Si je regarde mes notes, proportionnellement les captures y sont plus régulières. Je l’explique - et cela est aujourd’hui une certitude – par le fait que les sandres se suspendent. A partir d’une certaine période, les gros et moyens sujets passent en mode pélagique en totale suspension dans la colonne d’eau. Sur des sites peu profonds ce comportement est moins flagrant mais dès que les profondeurs dépassent 5/6m, ils deviennent de véritables fantômes. La pêche en verticale « pélagique » - beaucoup pratiqué en Suède – devient alors une des solutions, d’autant plus que la technique semble particulièrement efficace mais cependant limité à un bon électronique et à une pratique en bateau (pour un déplacement et une recherche rapide). En float-tube notamment, il est plus difficile d’intercepter et localiser « rapidement » les sandres, il en est de même pour la pratique sous la sonde du sondeur et ainsi bien visualiser la hauteur de pêche et les comportements carnassiers. Pour avoir commencé à développer cette pratique, je dois avouer avoir été confronté à quelques problématiques techniques qui ne me permettent pas d’être efficace à 100%. Du coup, sur les périodes où ils se suspendent je privilégie les lacs peu profonds.

Les sujets de 85 à 95 font partie de la classe de gros majoritaires.
Les sujets de 85 à 95 font partie de la classe de gros majoritaires.
Les sujets de 85 à 95 font partie de la classe de gros majoritaires.

Les sujets de 85 à 95 font partie de la classe de gros majoritaires.

La période de pêche et les conditions climatiques sont également des critères non négligeables. Il est évident qu’à plusieurs moments de l’année, les chances de tomber sur des gros poissons sont plus importantes. Je pense notamment à la période mai/juin avec la fraie des poissons blancs où les gros carnassiers s’en donnent à cœur joie pour se refaire une santé. La transition où nous ne sommes plus totalement en automne ni en été est également à ne pas manquer. Les sandres ont tendance alors à migrer (pour quelles raisons ?) sur des postes précis avec une belle activité carnassière qui peut durer de plusieurs jours à plusieurs semaines. Enfin, l’hiver pour les crues en rivière qui poussent les grands individus à se retrancher dans les « morts ». Des poissons insoupçonnés sont alors régulièrement capturés parfois à proximité même des bordures…. Autant dire que sur ces 3 grosses périodes, la multiplication des sorties peut rapporter quelques grands poissons. Pour autant, même avec la connaissance des postes « clés », la pêche n’est jamais gagnée d’avance et là aussi de nombreux paramètres inconnus font ou non le succès de la pêche.

Les sandres de 95+ à tout juste le mètre sont déjà des poissons records.
Les sandres de 95+ à tout juste le mètre sont déjà des poissons records.

Les sandres de 95+ à tout juste le mètre sont déjà des poissons records.

Techniquement, ne pas trop en faire semble également être une règle sur les pêches souples. Une verticale immobile (idéalement décollée) a souvent mieux payé qu’une verticale animée sur les gros sujets. Alors que contradictoirement parlant, j’ai pris une bonne majorité de mes gros sandres sur des pêches de réaction : plomb palette, jigging rap et jig métallique. Maintenant entre les deux pêches, la marche technique est énorme. La première est minimaliste et imitative (automatiquement plus longtemps observable) alors que la seconde est frénétique et vouée à agresser les poissons postés. Deux pêches distinctes et complémentaires où la notion de la taille du leurre importe que sur les pêches souples. A ce titre, la taille 4 pouces semblent être la taille minimale à utiliser pour séduire des jolis poissons et il ne faut pas hésiter à monter sur des dimensions 5, 6 ou 7’’ pour proposer un menu adapté aux gros sujets. Maintenant au fil des années et des résultats de certains pêcheurs, j’ai la conviction que l’arme ultime pour séduire régulièrement des grands poissons reste le naturel. Que cela soit en Fireball ou en drop-shot, les résultats des deux techniques sont constants. Bien que je ne les pratique pas, les pêcheurs Hollandais le prouvent chaque année avec des périodes où les gros individus ne répondent qu’ainsi.

Deux sandres métrés, des poissons si invisibles et pourtant bien représentés dans nos eaux.
Deux sandres métrés, des poissons si invisibles et pourtant bien représentés dans nos eaux.

Deux sandres métrés, des poissons si invisibles et pourtant bien représentés dans nos eaux.

Pour conclure un peu ce 3ème volet sur les gros sandres, les dernières saisons ont prouvé que nos eaux contenaient des poissons fantastiques. Si les poissons de 76 à 86cm semblent être les plus « courants », nos eaux contiennent également des légions de vieux sujets dépassant allégrement les 90cm et même le mètre. Des sandres qui avec la force de l’âge sont dotés d’une force incroyable qu’ils utilisent pour vous faire visiter le secteur. Lors de ces combats, l’adage « une main de fer dans un gant de velours » porte tout son sens si l’on ne veut pas perdre le poisson d’une vie. Si toucher un tel poisson est faisable chaque jour tant le potentiel est réel, croyez-moi également lorsque je vous dis qu’ils sont également les plus difficiles à leurrer et à combattre. Chaque combat avec un tel poisson me donne des frissons tant l’issu est systématiquement incertaine. Des moments de silence où chaque seconde semble interminable et où seul un cri peut venir transpercer le silence, parfois de joie parfois de colère…

Tag(s) : #Conseil, #Comportement

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