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Comme indiqué sur le dernier compte rendu, je me suis évadé plusieurs jours la dernière semaine des vacances à la recherche d’un grand brochet. Si depuis quelques années, le sandre est l’espèce que je recherche le plus, le brochet est également l’une de mes préférées. Sauf que la qualité des populations dans notre région ne permet pas (sauf en certaines périodes sur certains sites) de le rechercher spécifiquement avec réussite. Alors régulièrement j’éprouve le besoin de partir dans d’autres régions où l’espèce est bien représentée.

Cette fois-ci, après les péripéties des lacs landais, j’ai pris la direction de plusieurs grands lacs intérieurs où Gaël D.et David B. m’attendaient en bateau. Arrivés dès le lundi, tous les deux avaient commencé à faire du repérage sur les lacs sans avoir réellement trouvé les poissons. De la perche, de nombreux brochetons de 25/40cm et quelques poissons maillés dont 71 et 84cm. Les locaux tendaient à dire que la pêche était très difficile en ce moment avec des pics d’activités à chaque extrémité de la journée. Pour autant, nous n’en restions pas moins motivés.

Mardi matin après avoir roulé une partie de la nuit, il est près de 10h lorsque j’arrive à la mise à l’eau. Mes deux compères œuvrent depuis le matin et ont déjà enregistrés quelques touches mais rien de bien gros. Le temps de souffler un peu et j’embarque en direction d’un plateau d’herbiers situé entre 4 et 6m de profondeur. Sur ce type de pêche « profonde », j’aime bien démarrer au shad avec des grammages assez lourds. L’idée étant d’atteindre rapidement l’herbier pour ensuite l’effleurer tout au long de ma récupération. La difficulté dans cette pêche réside dans l’unique perception du leurre dans la colonne d’eau afin de l’animer le plus efficacement possible. Je débute donc avec un shad 5’’ que je gramme en 14gr dans l’optique de déclencher rapidement des touches. D’ailleurs, malgré de nombreuses frappes, sur cette première heure de pêche aucune touche ne sera concrétisée. Fruit de petits brochets et en l’absence de triple voleur, je ne les pique pas. Nous prenons de ce fait l’option d’un plan « B ». Pour cela, je connais une zone moins fréquentée du lac où se dessine un grand plateau aux fonds discontinus. L’herbier y pousse entre 2 et 6m de profondeur et les contrastes de déclivité peuvent ici retenir quelques poissons.

Des vacances impossible sans brochets...

Il ne faudra d’ailleurs que quelques lancers pour que je prenne une belle frappe à 30m du bateau. Un brochet bien en chair d’un peu plus de 70cm. S’en suivra un second de 60/65cm et plusieurs autres petits. La zone est vaste et nous travaillons en « zigzag » sur le plateau pour localiser au mieux les poissons. Les plus belles touches se situent en fin de plateau à proximité de la cassure où les herbiers disparaissent. Tout le monde prend quelques touches, essentiellement de petits poissons jusqu’à ce que Gaël reprenne un poisson maillé.

Des vacances impossible sans brochets...
Des vacances impossible sans brochets...

Au fil des dérives, nous nous retrouvons à l’opposé du plateau sur une pointe en pente douce. Cette zone fait office de limite de profondeur qui comme un mûr ferme le plateau. Je réussis à y décider deux nouveaux poissons maillés entre 65 et +70cm à la palette. La pêche est dure et il faut rester concentré pour ne pas louper les touches. Si les petits becs de 25/35cm sont nombreux et montent régulièrement au bateau, les cartouches de poissons corrects se font beaucoup plus rares. Ces derniers ont d’ailleurs une corpulence démesurée, le signe qu’ils se gavent déjà depuis plusieurs semaines. L’omniprésence de juvéniles étant une manne alimentaire rêvée, les poissons sont apathiques et calées au fond.

A ce titre, il y’a tellement de brochetons que cela en devient parfois même impêchable. Ils tapent sur toutes les présentations et s’ils sont majoritairement ferrés dans le vide. Par endroit nous les montons par dizaine au bateau.

Pour la fin de la journée, nous restons ambitieux avec une mise portée sur le coup du soir et une baisse de luminosité. Nous espérons que les gros montent en chasse. Malheureusement dans l’immensité du lac nous ne trouverons pas cette zone « miracle » et nous devrons nous contenter de petits poissons.

Mercredi matin, après une courte nuit de sommeil, nous redémarrons au lever du jour sur un nouveau lac. Les gars avaient réussi à y trouver quelques jolis poissons le lundi tout en y faisant un rapide repérage des lieux. Automatiquement nous démarrons sur une des zones « productives » et notamment celle où Gaël avait ferré un 84cm. Le poste est magnifique avec une grosse cassure de 7m de profondeur à proximité d’un haut fond où les herbes remontent jusqu’à la surface. Nous y alternerons Shads et Jerkbaits pour les uniques captures de petits becs. Commence alors la découverte du site et notamment de grands plateaux en pente douce riches en herbier où nous y déciderons que des petiots. Seul David en mode « gratte » texan plombée dans les herbiers loupera vraisemblablement un joli poisson.

La pêche est dure au point que nous commençons à réfléchir pour mettre à l’eau sur un second site l’après-midi. Personnellement quitte à tester autant y rester toute la journée. Je reste persuadé qu’à un moment ou à un autre nous tomberons sur une zone productive. Pour cela nous changeons radicalement de secteur pour une succession de criques et de pointes. Le type de poste que j’affectionne quand je ne connais pas un site puisque les formes du lac sont autant de variations dans la déclivité des fonds qui peuvent retenir du poisson. Visuellement, on n’a pas l’impression de pêcher dans le vide et sous l’eau - en général - de nombreux poissons maraudent sur ce que j’appelle des postes de « passage ».

Comme partout sur le lac, nous y retrouvons logiquement de l’herbier plus ou moins dense selon les profondeurs. De nombreuses perches trahissent la présence de carnassiers et ce sera David qui ouvrira le bal des touches en utilisant mon montage « miracle » précédemment dévoilé. Si au départ se sont les petits becs qui répondent, rapidement il se fait démonter par un joli bec avant d’enchaîner 2 autres touches de jolis poissons dont un seul sera mis au sec : 70/75cm.

Des vacances impossible sans brochets...

Naturellement face à cette réussite, nous nous y mettons tous. Commence alors une succession de touches… de petits becs. Seul David surenchérira en ferrant un silure de + ou – 90cm. Enfin de l’action…

Gaël et moi tournons techniquement mais rien n’y fera, il faudra attendre l’une des pointes suivantes pour que Gaël enchaine les touches de poissons maillés au shad. Hélas ils tapaient gueules fermées et un seul individu sera mis au sec. Sur la dérive suivante, David fera un dernier poisson correct avant qu’enfin (après 3 jolis poissons décrochés) je monte à bord un bec de 65cm. La pêche est raide et bien qu’il ne s’agisse pas de monstre nous nous consolons avec. D’autant que nous sommes presque seuls sur le lac à persévérer.

Des vacances impossible sans brochets...
Des vacances impossible sans brochets...
Des vacances impossible sans brochets...

D’ailleurs au loin, en plein milieu du lac, nous observons régulièrement des bateaux s’arrêter pour pêcher. S’agissant de grandes profondeurs nous y supposons que les locaux y recherchent grosses perches ou sandres mais notre curiosité nous incitera à aller voir. A petite vitesse nous prenons la direction d’un bateau fraichement installé tout en scrutant au sondeur la profondeur. D’une constante à 11/12m, nous montons alors subitement à 9 puis 8 puis 7 et 6m…. Il s’agit en réalité d’un immense haut-fond de pleine eau. Perché à proximité des grandes profondeurs, ce plateau est le poste idéal à géant. D’autant plus qu’il recouvre une 30aine d’hectares avec des profondeurs moyennes de 3 à 4m parsemés d’herbiers plus ou moins denses.

Aussitôt, alors au commande, je recale le bateau à 70/80m au large pour ne pas gêner le pêcheur et dériver sur la cassure puis le haut-fond. Mon premier lancer sera le bon !!

Alors que je shoot à une 40aine de mètres sur les herbiers pour ensuite descendre la pente, après 5m d’animations, je prends une cartouche démentielle. Le ferrage est en adéquation à la décharge reçue et j’annonce immédiatement être aux prises avec un big-fish. Le poisson vient lentement dans ma direction, la lourdeur et le balayage droite/gauche du poisson confirme mes pensées, c’est un gros brochet.

Des vacances impossible sans brochets...
Des vacances impossible sans brochets...

Débute alors un bras de fer musclé où le poisson multiplie les démarrages en force et les phases de tankage dans les herbiers. A aucun moment je ne relâche la pression et force le poisson à y ressortir. Plus le temps passe et plus je sais que je tiens un poisson métré. Sur une ultime accélération, j’arrive à bloquer le poisson et le faire percer la surface. Il est gros et massif et je crains que l’épuisette soit trop petite. J’aperçois alors le leurre planté dans la commissure du bec, je prends l’initiative de l’assurer à la main puisque le moindre mauvais geste à l’épuisette ou du poisson à celle-ci peut désenclaver le leurre de la mâchoire. Le brochet est cuit et je ne lui laisse aucun répit en le forçant à monter au bateau. Dès le 1er passage, je le saisis et le hisse.

Si aucun mot ne perçait sur le bateau, c’est une explosion de joie à bord qui vient effacer les nombreuses incertitudes tant niveau pêche que dans l’issu du combat. Nous prenons rapidement la mesure et quelques photos, avec la chaleur il faut minimiser au maximum le temps que passe le poisson hors de l’eau pour le relâcher dans les meilleures conditions.

Des vacances impossible sans brochets...

Le géant s’en va et l’objectif est atteint. Nous sommes tous les 3 sur un nuage puisque ce poisson est un travail d’équipe. Intuition, positionnement des pêcheurs dans le bateau et autres sont autant de facteurs qui m’ont fait lancer là et pas ailleurs pour finalement concrétiser sur un magnifique poisson. La suite n’est ensuite que du bonus, nous multiplierons les dérives et les poissons (petits) avant de remballer. Pour le 3ème jour, nous revenons ici !!

Après une courte nuit de sommeil et pour mon dernier jour avec les gars (eux poursuivent la pêche ensuite), nous démarrons tôt pour que je puisse en profiter au maximum. D’une chaleur étouffante, le temps a radicalement changé dans la nuit pour du vent et des averses. Nous sommes confiants sur le bateau pour dire que les poissons vont se réveiller avec les vagues. Je m’avance même en annonçant une pêche au jerkbait. Le plateau de la veille est immédiatement sollicité et comme annoncé, je ferre rapidement le 1er poisson au bigbait.

Des vacances impossible sans brochets...

Leurre que je perds par satellisation quelques minutes plus tard… dommage !! Gaël m’imitera au shad avec un poisson de taille similaire avant que le vent se calme pour un retour des éclaircies… et merde ! La fête se termine donc rapidement. Pour autant alors que je suis au téléphone, je prends une nouvelle décharge dans le poignet d’une violence similaire à la veille. Immédiatement, j’annonce avoir ferré un nouveau géant mais le combat est anormal. Le poisson vient à pleine balle sur le bateau avant de tracer à l’opposé avec une très forte résistance. A plusieurs reprises je cours de l’avant à l’arrière pour garder une forte pression, l’intrigue est à son comble. Le poisson est tellement lourd que je ne peux m’avancer sur la nature du poisson : énorme brochet ou silure ??

Après quelques minutes, l’adversaire se dévoile et mon rêve s’envole. Il s’agit d’un silure que je bride ensuite très rapidement pour en finir. Neutralisé nous faisons quelques photos (poisson de + ou – 120) avant de le relâcher. Je suis mêlé entre déception et joie, si cela avait été un brochet il aurait été énorme…

Des vacances impossible sans brochets...

La pêche continue ensuite doucement trop doucement. Le soleil refait son apparition avec une chaleur étouffante, la pêche est terminée. Nous ferons plusieurs brochets (petits) avant que je décide de retourner à quai pour faire la route du retour. Bien que la pêche ait été compliquée, je me fais la promesse de revenir rapidement dans les bonnes conditions (automne). La densité de brochets est ici vraiment très bonne, en 3 jours, se sont pas moins de 150 poissons qui furent capturés qui - bien que de petites tailles - témoignent de la richesse des lieux.

Tag(s) : #Session

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