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Après le succès du précédent séjour en grand lac, je ne pouvais me résoudre à abandonner la traque d’un grand brochet pour cette fin d’année 2016. C’est donc sans aucune retenu que nous décidons d’organiser une seconde expédition le 28,29 et 30 décembre en compagnie de l’ami Fredy, du frangin et de sa copine Orianne.

Fort de la dernière expérience et en la prenant comme source dans mes choix stratégiques, j’ai gardé les mêmes combinaisons cannes/moulinets. A savoir deux ensembles casting pour les pêches lourdes au shad et une spinning pour les pêches usuelles « tout venant » à l’aide de leurres plus petits (12 à 15cm). En revanche, sur la question des leurres j’ai allégé mes choix à l’essentiel. La pêche avait été trouvée, il est donc inutile de se disperser et je reprends les mêmes bases dans l’espoir de la peaufiner pour un meilleur résultat. Mes boîtes étaient donc exclusivement constituées de shads avec des têtes plombées entre 10 et 30gr.

Question pêche, les poissons se tenaient majoritairement entre 7 et 9m de profondeur et évoluaient à proximité même du fond. Les animations se devaient d’être lentes mais également déclencheuses pour agresser les poissons repus. En digestion, les brochets capturés étaient gras comme des dindes avec des phases d’activités très courtes, l’idée était donc de stimuler d’éventuels poissons suiveurs par des variations de rythme, d’amplitude et de nage des leurres sur un même lancer. Les meilleurs compromis restaient des leurres calibrés entre 12 et 15cm à base de bleu ou d’un vert pâle.

Battre du terrain était également une des règles pour localiser les zones peuplées ou en mode « ON ». Le GPS avait alors un rôle très important pour garder la zone sans trop dériver, dès que des touches étaient déclenchées la règle était de la marquer. Bref, des grands principes que nous avions tous les 4 en tête et sur lesquels nous allions tourner, encore fallait-il que les poissons soient joueurs ?

Le 28, il est très tôt lorsque toute l’équipe embarque pour l’aventure. Pleins d’idées en tête et impatients d’en découdre, la route est avalée sans difficulté. Il est aux alentours de 11h lorsque nous arrivons à la mise à l’eau où de nombreux bateaux sont déjà à l’œuvre. Nous ne perdons pas de temps pour nous préparer et cette fois-ci je suis le seul en float-tube. David a fait le voyage avec son bateau où ils y pêcheront à 3 pêcheurs. Pour ma part, je reste concentré sur ma bouée. Je suis persuadé qu’on pêche plus efficacement ainsi et notamment dans la gestion des dérives. Et puis n’oublions pas qu’en float-tube pour avancer il faut palmer, le pêcheur n’a donc pas le choix de pêcher entre les postes. Se sont autant de lancers supplémentaires qui peuvent rapporter des poissons.

Il est tout juste midi lorsque nous commençons la pêche et rapidement nous sommes mis au parfum. Le temps qu’au bateau ils montent les cannes, je débute ma prospection sur un plateau de 4 à 4.5m que je souhaite passer en vitesse pour rejoindre les grandes profondeurs. Sauf que dès mon 2ème lancer, je me fais violemment intercepter par un poisson de plus ou moins 80cm :

On remet le couvert pour la dernière de 2016 !

Le ton est donné et avant d’aller rejoindre les secteurs que je souhaite tester, nous nous arrêtons quelques instants. La règle ici est très simple, les brochets ne sont jamais là pour rien. S’il y’en avait un, d’autres sont également présents. David prend alors rapidement le relais avec un premier poisson de 75cm puis un 88cm :

On remet le couvert pour la dernière de 2016 !
On remet le couvert pour la dernière de 2016 !

En fin de dérive alors que les profondeurs commencent à osciller entre 6 et 7m, il ferre un dernier poisson de 80cm :

On remet le couvert pour la dernière de 2016 !

Si la journée s’annonce productive nous serons rapidement remis dans le contexte, l’eau est froide (4.5°C) et les poissons inactifs. Nous poncerons près de 2h une zone logiquement habitée en vain. En bateau ils décident de partir en direction d’un cassant qui précède un haut-fond alors que je pars à l’opposé dans les grandes profondeurs.

Au sondeur, j’aperçois régulièrement des détections entre 9 et 10m collés au fond. Sans aucun doute des brochets en maraudent puisque des grosses boules de blancs tournent régulièrement sur la zone. Une belle frappe à la descente me rapporte alors un poisson de 70cm, le 2ème du jour qui remonte le moral sur un leurre de 12cm.

On remet le couvert pour la dernière de 2016 !

Je tourne rapidement sur les quelques hectares en périphérie avant d’entamer une traversée vers les plateaux situés sur la berge opposée. Je change alors de canne pour une pratique d’une diagonale entre 10 et 11m de profondeur à l’aide d’un shad de 18cm. Il me faudra 20m de dérive pour percevoir une grosse frappe dans le leurre alors qu’aucun écho n’était dessiné sur la zone. La canne est bien cintrée et les coups de tête me laissent présager être aux prises avec un joli brochet. Le leurre est finalement rangé au fond de la gueule d’un sujet de + ou – 90cm.

On remet le couvert pour la dernière de 2016 !

Seul, je fais comme je peux pour prendre quelques photos avant qu’il m’échappe des mains sans même que je puisse faire des photos de meilleures qualités. Qu’importe, les images sont dans la tête et je reprends la dérive autour du point GPS immédiatement marqué.

On remet le couvert pour la dernière de 2016 !

La frappe suivante sera le fruit d’un poisson du même calibre, autour des 85/90cm. Deux/trois photos, histoire de marquer le coup et je reprends la pêche. Ce qui me permet de réaligner plusieurs autres poissons de 70/80cm avant de lâcher le secteur faut de nouveaux contacts. Au bateau, ils sont prévenus de mes trouvailles mais trop loin il décide de persister où ils sont pour me rejoindre que quelques heures plus tard.

On remet le couvert pour la dernière de 2016 !
On remet le couvert pour la dernière de 2016 !

C’est ensuite sur un plateau de 7 à 8m que je me suis fait surprendre en pélagique. Pour expliquer ma mésaventure, régulièrement je détectais des boules compactes de perches au fond que je tentais sur une canne au jigging-rap. Sauf que descendre toute la couche d’eau me prenait toujours un peu de temps alors que les échos étaient parfois très éphémères. Très mobiles, je n’avais parfois pas le temps de les pêcher correctement que je perdais les poissons. Du coup, j’avais fait en sorte de mouliner que 1 ou 2m depuis le fond pour ensuite poser la canne le long de mes waders. Leurre visible au sondeur, je pouvais pêcher avec une seconde canne en linéaire le temps de percevoir de nouveaux échos et ainsi descendre rapidement dessous. Et c’est sur un œil attentif que j’ai aperçu un écho imposant décollé du fond et filer en perpendiculaire du fond sur le leurre décollé de 2m. Prise en main de la canne, deux animations et BOUM….

Pas préparé à ce scénario je tiens le poisson uniquement quelques secondes avant qu’il se décroche. S’en suivra un second quelques minutes plus tard de la même manière !! Incroyable mais vrai, en procédant ainsi je déclenchais des poissons invisibles auparavant au sondeur puisque plaqués sur le substrat. Des idées sont alors nées…

Mais dans l’instant, je retire la canne pour me concentrer les dernières heures sur une pêche linéaire au shad. La lumière baisse et je fais demi-tour pour terminer sur des plateaux moins-profonds où les brochets remontent le soir. Situés entre 5.5 et 7m, j’enchaîne alors les touches. Tous les 50/100m, je prends une touche et ferre des poissons compris entre 50 et 75cm.

On remet le couvert pour la dernière de 2016 !

La multiplication des touches me transforme en machine, je lance tous azimuts pour ne perdre aucun instant. Et les deux dernières touches me rapporteront deux jolis poissons dont un bien costaud.

On remet le couvert pour la dernière de 2016 !
On remet le couvert pour la dernière de 2016 !
On remet le couvert pour la dernière de 2016 !

Je clôture la journée sur une note de 16 brochets. Au bateau, ils n’ont pas trouvé la pêche et ils finissent à 3 brochets malgré quelques loupés. Il semblerait que j’ai trouvé un semblant de pêche très efficace puisqu’après les discussions à la mise à l’eau, la journée fût très calme pour tout le monde.

C’est donc surmotivé que je rechausse les palmes le lendemain matin malgré un froid glacial (-3°C). La pêche, je l’ai, il faut désormais trouver les zones « productives » pour aligner les poissons. Au bateau, nous allons essayer de ne pas trop se perdre de vue pour tous en profiter.

Ayant trouvé les poissons en chasse en fin de journée sur un plat peu profond, nous décidons d’entamer par cette zone dès le matin en espérant y retrouver les mêmes pics d’activités. Il n’en sera rien, jusqu’à 12h la pêche est très lente. Je prends bien ici et là quelques touches mais je ne concrétise pas au point de traverser le lac pour tester une zone jusque-là pas encore pêchée. Au souple, j’y loupe un premier brochet dans 8m d’eau puis je décroche une très grosse perche (+45cm). Au bateau, seul David a décapoté avec un brochet de 65/70cm.

On remet le couvert pour la dernière de 2016 !

Il me revient alors en esprit la mésaventure « pélagique » de la veille. Placé sur un très long plateau de 7/8m de profondeur, je décide de pêcher en dérive lente à deux cannes. Une en linéaire et l’autre avec le leurre visible au sondeur à 1.5/2m décollé du fond. Une solution gagnante puisqu’il me faudra très peu de temps pour voir le premier brochet décollé, canne en main et c’est le choc. Un petit bec de 55/60cm est pendu sur le jigging et me permet de décapoter. S’en suivra un second du même calibre, une pêche inhabituelle mais qui semple efficace. J’essaye alors de la peaufiner avec des shads de différentes tailles et couleurs mais j’encaisse une 12aine de refus.

Au bateau, informé de mes prises, ils essayent également de leurs côtés et Orianne prendra ainsi au shad son premier poisson du week-end avant d’en perdre un second.

On remet le couvert pour la dernière de 2016 !

A midi, le résultat est peu brillant avec 2 brochets pour moi et 2 au bateau. Nous réfléchissons à de nouvelles stratégies autour d’un repas en mode « express ». David prend alors la décision de refaire le plateau du matin en 100% pélagique alors que je pars en direction des grandes profondeurs sur des pêches usuelles au shad. Moralement, je ne suis pas atteint, je sais qu’en hiver il faut avoir une bonne force mentale. On passe nos leurres sur des poissons majoritairement inactifs, il faut juste attendre le bon créneau ou trouver la bonne zone où ça croque. Tout en gardant à l’esprit qu’une touche peut suffire pour ferrer un géant.

Malheureusement pour mes 3 compères, leur solution ne fut pas miraculeuse. Tout au long de l’après-midi ils subiront les refus en pélagique. Au sondeur toutes les scènes se ressemblaient, les poissons montaient sur les leurres en diagonale, restaient dessous et s’en désintéressaient. Contrairement aux montées perpendiculaires synonymes de « cartouche ».

De mon côté, je ponce tout un secteur en vain jusqu’à m’en décaler et apercevoir des jolis traits entre 8 et 10m de profondeur. Les poissons sont là, je multiplie les passages pour les faire craquer. Cela me permet d’en ferrer deux petits de 65/70cm avant de finalement ferrer deux jolis brochet. Un seul sera photographié correctement par le garde en personne ;)

On remet le couvert pour la dernière de 2016 !
On remet le couvert pour la dernière de 2016 !

Alors que les heures défilent, je fais demi-tour pour peigner la dernière heure la même zone que la veille. Situé entre 4 et 7m, j’espère y retrouver une montée de brochets pour le coup du soir. Il n’est alors plus question de perdre du temps, je reprends les points GPS de la veille et je mitraille la même dérive. Je prends alors plusieurs belles frappes de poissons calibrés entre 50 et 70cm.

La journée est alors sauvée in-extremis avec 8 brochets au compteur. De nombreuses questions se posent, notamment sur le manque de touche sur la journée vis-à-vis de la veille. Il faut dire aussi que je n’ai pas pêché les mêmes secteurs, est-ce un mauvais choix d’animations ou uniquement de zones ?

Pour le dernier jour, nous démarrons très tôt pour profiter au maximum de la journée. La stratégie est alors très simple, on pêche le plateau productif chaque soir et ensuite on fait au feeling. Du poisson, il y’en a partout et nous avons pu nous en rendre compte grâce aux tentatives en « pélagique » où rares sont les zones où rien ne décollent sur les leurres. Il faut juste qu’on réussisse à localiser un secteur où ça croque et dans le meilleur des cas une boule de blanc. Cette dernière serait synonyme d’une forte concentration de prédateurs aux alentours et automatiquement de poissons à s’alimenter.

Comme la veille, la pêche est lente à démarrer. Je décapote pourtant rapidement sur un petit poisson de 45cm. Les brochets semblent vraiment avoir une « phase » d’activité plus forte le soir, les plateaux de – 7m de profondeur bien que peuplés s’avèrent improductifs le matin.

Au bateau mon hypothèse est confirmée. En se mettant en mode pélagique - faute de contact en linéaire - ils ne subissent que des refus. Les poissons sont là mais ne veulent rien savoir et s’ils décident d’insister dans l’espoir que ça se déclenche, je prends la direction des grandes profondeurs. Dans l’idée, je me mets en diagonale à la recherche de zones où je repère des brochets décollés légèrement du fond ce qui signifierait qu’ils sont en mouvement et donc peut-être actif. J’en profite également pour « scanner » la zone à la recherche d’une concentration de poissons blancs.

C’est dans 10m de profondeur que je prends une première belle frappe d’un poisson de 70cm. Immédiatement la zone est pointée au GPS et à la deuxième dérive c’est un poisson de 85cm qui se fait piéger.

On remet le couvert pour la dernière de 2016 !
On remet le couvert pour la dernière de 2016 !
On remet le couvert pour la dernière de 2016 !

Le temps de prendre quelques photos et je poursuis ma recherche jusqu’à apercevoir quelques petits blancs fraichement morts en surface. L’espoir renait !! J’annonce immédiatement qu’une boule est proche.

On n’a pas le choix, il faut la trouver et pour cela je zigzague sur plusieurs hectares pour tomber dessus. Et le hasard fait bien les choses puisqu’elle se trouve à– de 50m d’où j’ai pris mes deux derniers poissons. Tout est alors ici réunit, les brochets tournent autour et doivent régulièrement monter sur la boule pour passer à table. Il faut juste être patient et pêcher pour les intercepter. A ce jeu, je prends plusieurs frappes que je ferre dans le vide. De jolies bananes se dessinent ici et là, ça va payer et je rentre un poisson autour de 90cm :

On remet le couvert pour la dernière de 2016 !
On remet le couvert pour la dernière de 2016 !
On remet le couvert pour la dernière de 2016 !

Moins d’une heure plus tard, c’est un 80+ qui finit sa course dans les mailles de l’épuisette.

On remet le couvert pour la dernière de 2016 !

Malheureusement, le temps défile et il faut penser à rentrer pour faire la route du retour. J’ai alors juste le temps de ferrer deux autres brochets de 60/70cm et une grosse perche.

On remet le couvert pour la dernière de 2016 !

Au bateau, malgré quelques loupés pour Fredy, seul David réussira à extirper quatres brochets

On remet le couvert pour la dernière de 2016 !
On remet le couvert pour la dernière de 2016 !

C’est triste mais c’est ainsi, il est l’heure de tout ranger et de laisser une nouvelle fois le lac. Il aurait fallu encore quelques heures je pense pour que les brochets passent à table (le coup du soir) et qu’on s’amuse. Ce n’est que partie remise, nous reviendrons en 2017 !!

L’année 2016 se terminera pour ma part sur ce score de 31 brochets en 3 jours avec de nombreux poissons de 80 à +90cm. Pas le métré désiré mais une nouvelle belle expédition où mes doigts s’en souviendront. Place maintenant au réveillon puis je réattaquerai les sandres sur le mois de Janvier.

A bientôt…

Tag(s) : #Session

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