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Depuis les années que j’entends parler de l’Irlande, ça y’est j’y suis allé ! Un pays de légende, d’histoire et de pêche où il fait bon vivre qu’il me tardait de découvrir.

L'irlande ...

Ce voyage faisait suite à ma victoire au championnat de France Elite Float-tube en 2016. Attribué pour deux personnes, j’en ai fait bénéficier mon père qui en rêvait d’y aller bien avant que je naisse. En parallèle, l’ami Gaël (champion de France Challenger) bénéficiait du même contrat, l’occasion de constituer un groupe de 4 pêcheurs avec Thomas Poulard.

Notre destination se situait dans le Nord du pays sur le Lough Erne au Watermill Lodge Fishing dirigé par Pascal Brissaud. Le Lough Erne est un immense lac artificiel de 14 000ha alimenté par la rivière qui porte le même nom. A l’origine, elle serpentait dans la vallée puis différentes constructions ont été édifiées pour la lutte contre les inondations. Les eaux de l’Erne sont montées et ont noyé des vallées entières. Ainsi est né le Lough Erne, un lac divisé en deux parties où nous avons pêché sur le lac supérieur (amont) appelé le  « Upper Lough Erne ».

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Pour en revenir au voyage, le départ était prévu depuis Nantes le jeudi 10 août pour une arrivée en milieu d’après-midi à Dublin avec des valises bondées de leurres à brochet. Et oui, c’est toujours le même problème lorsque vous voyagez pour la première fois sur une destination, vous préparez un trop gros panel de leurres et finalement beaucoup sont inutiles. Pour ma part, je dois dire que le tri fût assez rapide. Mise à part quelques leurres durs de 10/12cm, j’avais uniquement emmené des vrais leurres à brochet grâce au conseil d’un ami devenu guide sur un autre camp : « Julien, les brochets irlandais sont des mangeurs de truite ». Alors je n’ai pas lésiné sur la taille des leurres ni dans les ensembles pour pouvoir les lancers : une unique spinning MH Crucial avec un Stradic sinon deux cannes casting H et XH avec Calcutta 201 et 401D.

Mais avant de parler pêche il fallait d’abord récupérer les bagages, le véhicule de location et surtout passer la première difficulté : la conduite à gauche - qui finalement se fait relativement bien à condition d’être vigilant et d’avoir un co-pilote qui rappelle régulièrement les règles de conduite. Pour avoir pris la tâche de rouler, je vais avouer avoir été « soulagé » qu’une fois la voiture stationnée. Un stress que je vais rapidement oublier après le merveilleux accueil de Pascal et de son équipe autour d’une Guiness.

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Question logement et organisation, le Watermill lodge fishing est au top. Avec une activité de restauration, tout est prévu pour que le pêcheur se sente bien et ne manque de rien. D’ailleurs à ce titre, Pascal Brissaud est un très grand cuisinier. Son restaurant gastronomique a été élu meilleur restaurant d’Irlande avec la plus belle cave de Grande Bretagne. Autant vous dire que nous avons été gâtés culinairement parlant.

Par contre niveau pêche, nous sommes mis au parfum dès notre arrivée puisque nous retrouvons l’équipage Jérome et Ivan victorieux de l’Elite en Bateau qui sont présents depuis 3jours. L’occasion de faire connaissance et de partager nos expériences. Les nouvelles vont pour des brochets en mode « Off » à cause des fortes précipitations tombées les semaines précédentes. Les eaux se sont teintées dans des teintes café/thé et une météo instable n’aide pas à un retour à la normale. Ils luttent chaque jour pour faire quelques touches…

Qu’importe, l’impatience règne dans les esprits. D’ailleurs Thomas et Gaël, réveillés dès l’aube iront vendredi matin tenter leurs chances depuis le bord avant le petit déjeuner programmé à 9h. Thomas prendra ainsi le premier brochet irlandais depuis l’un des pontons du lodge: 65cm. Pour Papa et moi, il faudra attendre le petit déjeuner typiquement irlandais pour découvrir le lac.

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Question embarcation, les guides se chargent des mises à l’eau et des sorties le soir. Il s’agit de bassboat équipés et motorisés d’un thermique et d’un électrique à l’avant. Les équipements supplémentaires que sont l’épuisette, l’échosondeur et la carte du lac sont également fournis. Qu’un mot à dire: le top ! Rapide prise de contact avec les équipements et à 10h nous sommes prêts à découvrir le « Upper Lough Erne ».

Pour cette première journée de pêche, nous avons beaucoup navigué afin d’appréhender différents type de poste. Premier constat, les fonds sont faibles et uniformes. Les pentes douces des anciennes prairies font que nous naviguons presque partout entre 1.3 et 3m de profondeur sur des milliers d’hectares. Deuxième point et non des moindres : la localisation des poissons dans cette étendue d’eau. Les herbiers sont omniprésents jusqu’à 2m de profondeur et souvent impénétrables avec nos leurres. Les brochets peuvent être partout, or les plateaux sont immenses et s’étendent parfois sur plusieurs kilomètres de longueur et de large. Nous ne savons pas par où commencer !

Nos premiers pas ont donc été très difficiles et à tâtons. Nous avons essayé des fosses, des îles, des chenaux, des baies, des plateaux… avec aucun résultat et de réels problèmes avec les herbiers qui sont souvent constitués de grandes filaces. Dès que nos leurres les touchaient ils étaient inopérants. Il a fallu s’écarter et pêcher dans des profondeurs plus importantes pour être opérationnels. Si chaque poste paraissait plus beau et plus productif que le précédent, le score sera sans appel : aucune touche pour nos 4 pêcheurs ainsi que l’équipe de Jérome et d’Ivan !!!!

Nous comprenons alors réellement que les conditions du moment sont difficiles et qu’il va falloir lutter quotidiennement pour trouver et ferrer des brochets. Pour autant, nous arroserons gaiement cette première journée autour d’une bonne Guinness suivis du repas du chef. Déjà des stratégies sont mises en place et notamment dès le lendemain avec la découverte d’un petit lac qui communique avec le grand par deux goulets où l’eau est restée plus claire.

 

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Samedi, il est 10h lorsque nous traçons sur l’eau en direction du petit lac qui s’étend tout de même sur une longueur de 1200m et une largeur de 600m en moyenne. L’eau y est légèrement piquée mais a été filtrée par les joncs à l’entrée. Thomas et Gaël débute sur une cassure menant à une fosse de 9m alors que nous entamons dans une petite baie peu profonde. Les lancers se multiplient mais toujours rien, il est temps de sonder un peu.

Je décide de partir sur la berge opposée où je vais observer dans des profondeurs de 4 à 5m des quantités intéressantes de brèmes au sondeur. Le temps de faire une dérive et de me recaler que je tombe sur une boule immense de fourrages sur un léger creux de 6.5m. La boule mesure de 2 à 4m de hauteur, de quoi tenir des centaines de brochets en périphérie, je me mets à y croire sérieusement. En mode ancrage, nous peignons tout autour à l’aide de gros shad. L’idée est de les faire évoluer suivant les lancers entre 1 et 5m sous la surface. Les gars informés nous rejoignent afin de poncer le poste et voir ce que nous pouvons en tirer.

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Il faudra une petite heure pour que je me fasse arrêter violemment dans ma récupération. Surpris, je ferre un poil en retard, dans le vide. Le poisson est juste venu me décaler. Il s’agit de ma première touche du séjour, je suis confiant sur le poste et elle me relance dans ma pêche. Concentré, 20mn plus tard sur un long lancer, je ferre un poisson sur la descente du leurre. Je peux enfin tenir mon premier brochet irlandais, pas un monstre (entre 65 et 70cm) mais qu’est-ce qu’il fait du bien.

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J’en louperai un autre quelques heures plus tard, il s’agira malheureusement de l’unique poisson de la journée pour nos deux bateaux !! L’équipage de Jérome et Ivan totalise deux poissons de mémoire, encore une journée difficile !

Pour notre 3ème jour, nous décidons de retourner dans notre petite « bassine bleue », seul endroit où nous avons vu des choses intéressantes et exploitables. Malheureusement la boule de blancs a disparu et sans Side sur une surface de 60ha, il est difficile de les retrouver. Nous pêchons donc en périphérie de la zone de la veille où nous espérons retrouver quelques poissons en place. Gaël y prendra son premier brochet, un joli poisson de 81cm à l’ondulante :

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Peu de temps après, je me décale sur la première entrée de baie et décide d’agresser les poissons à l’aide d’un Buster. Au 2ème lancer, un poisson de 80cm monte sur le leurre mais se craque, juste le temps d’ancrer le bateau et de poursuivre mon animation qu’un petit poisson d’un peu plus de 60cm s’en empare.

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Je crois alors la pêche trouvée mais la suite sera le néant… A 15h aucun autre poisson n’a été trouvé, nous décidons de sortir et d’aller voir la rivière qui alimente le lac. Les eaux commencent à s’y éclaircir et nous misons fortement sur cet aspect. Gaël loupera une touche et reprendra un petit poisson alors que le père réussira à prendre son premier brochet irlandais :

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De mon côté, une ou deux touches loupées mais rien de flagrant. Pour la dernière journée d’Ivan et Jérome, ils rentreront 5 poissons.

Au terme de cette journée, malgré les faibles résultats, les espoirs renaissent. Nous avons tous pris quelques touches et nous croisons les doigts pour que cela se poursuivent.

4ème jour de pêche, Thomas et Gaël sont fidèles à la « bassine bleue ». Ils décident d’y débuter la pêche alors que nous prenons la direction d’une baie du lac constitué d’immenses plateaux et de deux petites fosses intermédiaires. L’idée est de tourner autour des fosses sur les cassants et les herbiers périphériques. La profondeur varie alors entre 0.7 à 1.3m sur les plateaux alors que sur un petit hectare, les fonds descendent jusqu’à 4m.

Une fois posté, je n’aurai pas le temps de lancer que le père ferre immédiatement un brochet au 2ème lancer. Un poisson de 75cm qui lance une euphorie au bateau, les aurait-on trouvés ?

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Il s’agira malheureusement de la seule touche de la première heure.

De leurs côté, les gars sont capots et décident de venir avec nous poncer cette petite zone de plusieurs dizaines d’hectares. Nous allons la travailler intelligemment. C’est alors que j’entame une dérive en lisière de fosse à proximité même de la « pseudo » cassure située assez proche des roseaux. J’opte alors pour un BX-Swimmer, un leurre que j’utilise souvent par conditions difficiles. Mon idée est de poser le leurre proche des roseaux afin de faire des pêches courtes et précises. J’anime par deux ou trois tours de manivelles et quelques tirées puis pause, etc…

C’est d’ailleurs sur une pause que je prends un léger toc alors que je suis en train de régler la dérive avec la télécommande du moteur électrique. Ferrage instantané et le poisson est planté. J’annonce rapidement qu’il s’agit d’un petit bec, j’aperçois même une petite tâche orange qui ne me présage rien de bien gros. Mais voilà, le poisson vient lentement sans effort au bateau et lorsque la tâche orange approche je n’arrive toujours pas à la décoller du fond. Il apparaît alors soudainement, je me rend alors compte que je suis finalement aux prises avec un sérieux candidat.

Le poisson est épais, lourd et puissant. D’ailleurs le premier démarrage est foudroyant et heureusement que le frein était au préalable bien réglé sinon je cassais. Au bateau, le poisson devient fou et je ne maitrise plus rien. A la vue de l’épuisette, il repart encore plus violemment, saute, claque la gueule..., un fou furieux. Le cri de soulagement sortira qu’une fois le poisson dans l’épuisette. Un poisson incroyable, au point que je n’arrive pas à l’estimer. Il paraît court et en même temps si large, si épais. La surprise viendra à la mesure : 96cm.

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Après 4 journées de pêche difficiles, croyez-moi lorsque je vous dis que ce poisson est savouré. Je vais même l’admirer encore quelques instants dans l’eau avant de le laisser repartir aussi vite qu’il est venu me voir. Au vu des faibles rendements, je sais ma journée gagnée. D’ailleurs mentalement et moralement, il relance toute l’équipe.

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Malheureusement la suite sera à l’image des précédentes journées avec une absence totale de touche. Seul le père décrochera un brochet et en prendra un petit de 50cm de manière totalement inattendue. Alors qu’il souhaite relancer, le poisson se pend tout seul au bateau. Surpris et sans bannière, il ne peut pas combattre le poisson et en quelques secondes il se décroche. Mais, puisqu’il y’en a un, en se libérant de l’hameçon le brochet fait une chandelle et atterrit dans le bateau… Autant dire que ce n’est pas commun et que nous allons en rire plusieurs minutes. Comme l’a dit le père: « Merde, celui-là il compte ». Peu de temps après je prendrais une tape inferrable au jerk, sûrement le fruit d’un poisson similaire.

Du côté de Gaël et Thomas, à 17h aucun poisson n’avait encore été décidé. A force de tourner, ils tomberont sur un « micro » pic d’activité où ils prendront 5 touches pour 1 poisson chacun.

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Pas de capot aujourd’hui et des choses semblent acquises avec des postes dessinés. Mais voilà le 5ème jour sera à l’image du premier, nous tournerons toute la journée sur les postes ayant rapportés des touches jusqu’à présent pour finalement faire capot sur les brochets. On a bien trouvé des perches et on en a pris quelques-unes (tous les jours) mais nous ne sommes pas venus pour ça.

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Pour notre 6ème et dernier jour, nos espoirs se portent non pas dans la réalisation d’un véritable carton mais dans celui de déclencher au moins un poisson chacun. Pour cela, nous décidons « d’abandonner » le grand lac pour les rivières qui l’alimentent. Il s’agit de milieux plus restreints avec des courants et des micros postes. Les poissons sont logiquement dans les fosses où collés dans les bordures. Nous allons vraiment cibler des pêches courtes et précises pour tenter de prendre des poissons postés. Mais une fois n’est pas coutume, là aussi les poissons semblent totalement aux abonnés absents. Nous allons peigner longuement les fosses à différentes techniques et profondeurs puis les bordures de manière méticuleuse sans rien décider. A force de persévérance, je rentre un poisson de 65cm à la bille peu avant midi :

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Pour les autres, rien, mais l’embouchure d’une petite rivière qui se jette dans la principale semble attirée l’attention. Les gars s’y emmanchent seules et vont enquiller 5 poissons en 30mn. Trois petits brochets et deux jolis de 81 et 88cm.

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Après avoir été prévenu, nous débarquons plein gaz croyant à une concentration de brochets dans ces eaux. Mais voilà, le courant est ici assez important et par les fortes pluies de la nuit, en moins d’une heure l’eau claire se trouble et plus aucun poisson ne réagit. Nous sommes arrivés trop tard et eux juste avant la fin ! CHIOTTE

Nous repêcherons rapidement la rivière principale et notamment l’embouchure de la petite pour un dernier 80cm :

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Ainsi s’achèvera notre séjour sur la question de la pêche. En toute franchise, je n’ai jamais connu de telles conditions de pêche et de telles difficultés pour la recherche des brochets. Il est certain qu’ils y sont présents en quantité incroyable dans les eaux du Lough Erne mais nous avons pêché dans des conditions telles qu’il était très difficile de faire mieux. Notamment avec la méconnaissance du site et des postes « clés ». Il est difficile de s’arrêter à un endroit que l’on ne connaît pas et d’y rester toute une journée dans l’espoir d’un hypothétique « pic d’activité ». Nous avons insisté sur de nombreux postes prometteurs et peuplés au sondeur. Peut-être que nous n'y sommes pas restés suffisamment de temps où que nous ne les avons pas peignés aux bonnes heures ?

Toujours est-il que les brochets étaient en « off » et que nous avons lutté avec conviction chaque journée pour en leurrer quelques-uns. La pêche est ainsi et il faut l’accepter. Même dans des eaux très riches, il est possible de se casser les dents. Ne jamais oublier que la densité de carnassiers est relative à celle des blancs, il ne suffit alors pas de lancer un leurre dans l'eau pour déclencher des touches. Au vu des scores réalisés sur d'autres périodes de l'année plus faste, il y'a nulle doute qu'il va falloir revenir se venger !!

Malgré cet aspect, nous avons passé un incroyable séjour au Watermill Lodge. Une prestation parfaite où la chaleur de vie semble être une devise.

Un grand merci à Pascal Brissaud et à toutes les personnes que nous avons pu côtoyer pour cet incroyable séjour où il fait bon vivre. Un très grand MERCI pour toute la chaleur humaine que vous dégagez.

Tag(s) : #Voyage

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