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Après des semaines de restrictions, la levée de bons nombres de mesure en amont du week-end de l’ascension a permis d’organiser une excursion en grand lac. Il s’agit de notre rituel pêche. Chaque saison, les ponts du mois de mai permettent d’optimiser les déplacements avec plusieurs jours de pêche consécutifs dans l’espoir de capturer un brochet géant !

Cette année, je faisais équipe avec l’ami Pierre en bateau. Une première, ensemble, sur la pêche du brochet. L’idée étant de partager nos connaissances du lac et nos approches sur la traque de maitre exos. Nous savons que la pêche est compliquée depuis l’ouverture mais nous avons bon espoir. Nous connaissons tous les deux le lac, lui pour y aller tous les étés et moi pour y avoir pratiqué de nombreuses années. En fouinant et en tournant ici et là, il n’y avait pas de raison que nous passions trop à côté de la pêche.

Sur notre première journée de pêche, jeudi, après avoir avalé la route nous mettons à l’eau peu avant midi. L’excitation prend le dessus sur la fatigue et nous voilà embarqué en direction de nos premières dérives du week-end. Un herbier peu dense où nous savons la présence régulière de brochets. En début de pêche, l’idée est de pêcher de manière complémentaire avec des techniques, animations et approches différentes. Si l’un est avec des teintes naturelles, l’autre tente du flashy, si l’un pêche vite, l’autre pêche lent etc… En procédant ainsi, on avance plus vite jusqu’au premier contact sur nos présentations. Pour autant, les premières touches ou captures ne consistuent pas une base solide. Il faut bien comprendre que la capture d’un poisson ne suffit pas pour dire qu’on a trouvé le « truc », il faut une multiplication significative de touches pour pouvoir affirmer que la tendance est bonne.

Un grand bol d'air....

A ce jeu, je suis le premier à prendre plusieurs frappes et 2 poissons de 70/75cm. Je pêche lourd mais vite avec un shad de 18cm orange/jaune mais surtout UV. Le plafond nuageux est bas avec une faible lumière et le temps est venteux avec une alternance de pluie, une combinaison souvent gagnante.

Pour autant, Pierre continue à faire tourner les présentations tandis que je reste avec la mienne. Sur les différents postes visités, je fais clairement la différence mais Pierre arrive ici et là à dénicher quelques poissons sympathiques. La moyenne des brochets est honnête et légèrement au-dessus de 70cm. Les poissons sont en forme et bien lourd. Pour autant ce n’est pas la fête, les touches sont peu régulières et se succèdent sur des courts créneaux d’activités.

Un grand bol d'air....
Un grand bol d'air....
Un grand bol d'air....

Ailleurs sur le lac, d’autres amis galèrent et cherchent la pêche. Les brochets ne sont pas joueurs et il semblerait qu’il est préférable de marteler plusieurs heures une zone que de sauter de poste en poste. Notre stratégie est donc d’identifier des herbiers favorables et de les poncer plusieurs heures dans l’attente que quelques poissons montent. A ce jeu, Pierre viendra clôturer la journée avec un superbe 101cm.

Un grand bol d'air....
Un grand bol d'air....

Ce premier jour est riche d’enseignement et prouve qu’il ne sert à rien de courir après le lièvre. Ce n’est pas parce qu’une zone ne rapporte pas de touche que les poissons y sont absents. Pareillement, cela ne veut pas dire que la présentation proposée est mauvaise mais juste présentée au mauvais moment. Il faut donc partir du principe que le pêcheur pêche bien tout en gardant à l’esprit qu’il va falloir attendre le bon moment pour multiplier les touches.

Vendredi, le vent s’est intensifié mais nous sortons quand même. Sur l’eau ça brasse un peu mais ça pêche correctement. Il va juste falloir ralentir les dérives au moteur pour ne pas passer trop vite sur les zones à prospecter. Stratégiquement, nous décidons de tourner sur 3 ou 4 secteurs proche sur le lac. En pêchant plusieurs heures sur chaque, cela permet de revenir plusieurs fois sur les zones « clés » à différents horaires et tomber sur un éventuel créneau favorable.  Tout en sachant que nous gardons à l’esprit que le métré capturé la veille l’a été autour de 18h. Il s’agit du poste « joker » pour la fin de journée.

Le matin sera difficile avec 3 poissons calibrés entre 50 et 65cm. Des brochets pris de manière assez aléatoire sans réelle logique. Le début d’après-midi ne sera guère mieux avec 2 ou 3 contacts courts sur nos leurres et une seule capture. Devons-nous changer de méthode ?  Non, tous les autres bateaux ne prennent rien alors que nous arrivons à valider quelques poissons. Puis malgré que le temps soit long, Pierre et moi sommes sur la même longueur d’onde. L’ambiance sur le bateau est très bonne et bon enfant. Nous savons que nous pêchons correctement et que cela va payer à un moment ou à un autre, il faut être patient !

Vers 15h, nous revoilà sur la zone « joker » afin d’y finir la journée. La zone doit faire une 30aine d’hectares et nous savons exactement où passer pour pêcher correctement les quelques tâches d’herbiers. Nos cerveaux sont débranchés et nous lançons tous azimuts autour du bateau. Malheureusement c’est la traversée du désert. Mise à part un 75cm que je valide à la première dérive, les poissons sont en OFF.

Un grand bol d'air....

A 17h30, nous sommes rendus à 7 ou 8 dérives que nous replaçons à chaque fois 100m à droite ou à gauche de la précédente pour peigner large et localiser les poissons. Nous travaillons de manière efficace mais sans réussite. Pour autant nous restons concentrés, nous savons que tout peut basculer à n’importe quel moment. A 17h40, sur une fin de dérive je finis enfin par reprendre un poisson de 70/75cm. Nous ancrons temporairement le bateau pour bien pêcher autour du bateau. En réalité dès que nous touchons de l’herbe ou que nous prenons une touche, la consigne est d’ancrer en coupant la dérive pour pêcher plus lentement et efficacement. Avec des dérives entre 1.3 et 1.8km/h, même à deux, il est impossible de pêcher correctement en prospectant chaque couloir. En s’ancrant cela permet sur une 15aine de minutes de pêcher en 360 et de réellement tout inspecter. Ce dernier poisson est un soulagement car après 2h30 de pêche, même si moralement nous tenions le coup, les doutes s’installent. Cela relance les machines.

Nos esprits sont concentrés au maximum, il y’a plus un mot sur le bateau, nous pressentons la possibilité de tomber sur un créneau favorable et nous sommes aux aguets. C’est alors qu’à une 30aine de mètre du bateau je me fais arrêter. Une touche explosive et de qualité où j’annonce dès le ferrage être accroché avec un « géant ». Mon ensemble XH est en deux, l’amplitude des coups de tête ne trompe pas, c’est assurément métré. Le poisson se bat en lourdeur et va me coller un long démarrage m’obligeant à céder une 10aine de mètre de tresse. C’est lourd, je prends des coups de boule de l’espace, j’annonce à Pierre que c’est vraiment très gros. J’ai beau être avec un ensemble costaud, le poisson est puissant et il va falloir quelques instants interminables pour le voir exploser en surface. Le leurre est gaulé et rien ne paraît, je l’emmène progressivement jusqu’à l’épuisette où Pierre assure la prise.

Un grand bol d'air....
Un grand bol d'air....
Un grand bol d'air....

Il est dedans, des cris de joie explosent sur le bateau. Ce poisson il est autant à Pierre que moi, nous avons bataillé pendant des heures avec une seule conviction : y croire et ne rien lâcher. Physiquement, nous avons mal au dos, mentalement nous sommes usés. Si bien que nous ne pouvons que nous libérer après cette prise. C’est un moment intense que nous partageons ensemble, poisson en sécurité dans l’épuisette. Nous rangeons le bateau, mouillons la toise et remplissons le vivier du bateau en eau pour poser et manipuler le poisson en toute sérénité.

Le leurre est rangé fond de gorge mais correctement planté, le poisson n’aura aucune séquelle, nous le laissons quelques instants se reposer avant la séance photo puis nous l’admirons repartir. Un vieux brochet marqué par les années et les blessures, le géant que nous attendions.

Un grand bol d'air....
Un grand bol d'air....

Le séjour est gagné, nous avons chacun notre métré, nous sommes deux « fous » dans le bateau. D’autant que nous allons reprendre 4 ou 5 poissons « corrects » à suivre. Nous avons attendu, nous avons gardé espoir et moralement nous avons tenu jusqu’à ce que les brochets passent à table. Nous étions au bon endroit avec la « bonne présentation ».

En sortant le bateau de l’eau nous savons que nous venons de vivre un moment inoubliable et fort mais nous sommes également rincés et fatigués. A lutter contre les vagues, à lancer des gros leurres toujours avec la même conviction et en restant concentrés, nos corps souffrent et il ne faudra pas longtemps pour que les lumières s’éteignent.

 

3ème et dernier jour, nous décidons d’explorer de nouvelles zones. Le séjour est déjà gagné, nous décidons de partir en mode découverte à la recherche de « pépites d’herbiers » non exploitées. Comme partout, les pêcheurs pêchent souvent les mêmes points et zones, l’idée est de faire ce que ne font pas les autres, afin d’avoir sur les prochaines sessions un « temps » d’avance.

L’idée est de faire des grands « S » dans les pentes en utilisant le Side sur des profondeurs où les herbiers poussent. A chaque tâche repérée, point GPS et on tourne autour pour bien visualiser la zone. Si niveau pêche, on perd beaucoup de temps, cette perte permettra dans le futur d’être encore plus efficace.

Un grand bol d'air....
Un grand bol d'air....
Un grand bol d'air....

Nous trouverons ainsi quelques herbiers naissants et prometteurs. En quelques lancers nous toucherons un brochet de 80cm que je décroche au bateau et des perches calibrées à +30cm. Ailleurs sur le lac, nous réaliserons également quelques dérives sur des zones plus grandes avec à la clé un joli 85cm pour Pierre et une belle série de perches pour moi. Nous finirons qu’en fin de journée sur les dérives connues et prenantes où je vais reprendre un brochet de +70cm et quelques frappes courtes.

Un grand bol d'air....

Notre binôme finira encore une fois rincé de la journée de pêche. Le vent étant encore bien présent, nous avons lutté toute la journée physiquement et les efforts des deux journées précédentes pèsent sur nos dos et épaules. Si bien que nous prenons la décision de ne pas pêcher le matin du 4ème jour pour écraser au chalet une bonne nuit de sommeil avant de repartir chez-nous.

Un séjour dans l’ensemble très difficile physiquement et mentalement (avec des poissons localisés et mordeurs que sur de très courtes périodes) mais si enrichissant. Avec à peine 30poissons au bateau, nous nous en sortons très bien en comparaison aux résultats généraux des locaux et autres amis présents sur l’eau. La stratégie était véritablement dans le verrouillage d’une zone puis un ponçage intensif à attendre l’éventuel créneau d’activité. Non seulement il faut croire en vous mais aussi en la zone et en ce que vous faites. Lorsqu’il s’agit de 10mn, le pêcheur peut s’en remettre mais quand il s’agit de plusieurs heures consécutives les questions fusent : Et si on allait là-bas et si on était resté à tel endroit et si…

Le pêcheur est son propre ennemi, notre binôme a avancé dans la même direction et a tenu jusqu’au dernier lancer avec pour cette fois la récompense d’un métré chacun.

Tag(s) : #Session
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