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La manipulation des poissons est un long sujet où de nombreux articles et avis ont pu être émis. Ici et là, tout au long de l’année des débats ressortent avec des discussions sans fins et des mésententes. La raison est simple, nous voulons tous le bien être du poisson dans une logique de remise à l’eau.

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Et oui, nous sommes de plus en plus nombreux à prôner le « catch and release » et non le « No-kill » puisque ce dernier, soyons honnêtes, est juste impossible. Quel que soient les moyens mis en œuvre, nous aurons toujours un ou plusieurs poissons dans une saison qui succomberont soit à la capture soit plusieurs heures ou jours après la relâche. L’objectif est donc bien de limiter la casse pour en sauver presque la totalité. Cela dit, une bonne manipulation passe aussi par la mise en sécurité du pêcheur puisqu’un mauvais geste peut également planter un hameçon dans un doigt, la main ou ailleurs.

 

Comment éviter au maximum ces risques ? C’est ce que nous allons essayer de voir.

 

Comment attraper le poisson ?

 

Pour commencer ; chacune des espèces de poissons carnassiers ou tout du moins les poissons « leurrables » ont une particularité. Au point que nous pouvons classer la saisit en degré de difficultés:

 

- Degré 1 (compliqué) : chevesne, truite, aspe

 

- Degré 2 (moyen) : brochet

 

- Degré 3 (facile) : silure, perche, sandre et black-bass

 

Il est évident que selon ces degrés, les risques ne sont pas les mêmes.

 

Pour le 1er, en plus d’être glissantes, les 3 espèces citées ont peu de « prises » qui permettent de les maintenir correctement. Au point qu’il est régulier de retrouver des pêcheurs plantés à un hameçon ou en difficulté à manipuler la capture. Je pense que le plus simple reste l’utilisation d’une épuisette pour récupérer la prise puis la main sous le ventre pour les manipulations. En revanche la prise par la « bouche » est déconseillée, non seulement cela abîme le poisson (mâchoire non adaptée) mais cela augmente également les risques de se planter un hameçon présent en gueule :

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Main sous le ventre

 

Pour le brochet, la difficulté n’est pas extrême mais plus dans la crainte du pêcheur de se faire happer par les dents. Hors l’hésitation peu souvent entraîner des drames, croyez-moi j’espère ne jamais me planter l’hameçon d’un bigbait dans les mains !!! Pour cela pleins de précautions ou règles peuvent être appliquées. La première est notable sur les petits sujets (moins de 75cm), pourquoi s’obstiner à les prendre par les ouïes ? Le poisson n’est généralement pas épais et la largeur de la main permet dans 95% des situations de le saisir derrière la tête. Une prise efficace et sans danger pour le pêcheur :

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Prise derrière la tête, efficace sur des poissons de -75cm

 

Sur les spécimens plus imposants, lorsqu’on doit le saisir à la main la prise par les ouïes est la plus garantie, à conditions là-aussi de mettre la main au bon endroit et sans hésitation (rester ferme). Attention cependant à glisser les doigts le long de l’opercule et non dans les branchies :

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Bien glisser les doigts le long des ouïes... Sur les gros poissons aucun risque pour les doigts qui se retrouvent éloignés des dents.

 

Sinon, on retrouve une nouvelle fois (en dernier recours) l’utilisation de l’épuisette. Attention à employer des mailles plastiques et à ne pas laisser le poisson s’énerver avec des triples en l’air. Combien se sont saucissonnés et arracher la mâchoire en tournant ? De la même manière un poisson dans l’épuisette est souvent plus mobile que dans les mains, attention lors de la saisit !! L’idéal est de réussir à le décrocher dans l’épuisette et à jeter le leurre dans l’eau avant toute autre manipulation (photo ou relâche).

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Prise sous le ventre

 

En ce qui concerne la 3ème catégorie, aucune difficulté si ce n’est celle de rester cohérent avec la taille du poisson. Une perche est facilement saisissable et nulle besoin là-aussi de vouloir systématiquement la prendre par la bouche au risque une nouvelle fois d’avoir un piercing.

 

Surtout que ce soit pour les sandres ou les perches, les percidés sont facilement maintenables par le ventre sans aucun risque de blessure. Je rajouterai également au sujet des sandres, que le pêcheur peut avec toute aisance les attraper par les ouïes ou par la queue dans le cas de gros sujets :

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Comme les saumons...

 

La question des black-bass et des silures, est encore plus simple puisqu’une saisit par la mâchoire est la plus sûre. Sur un silure on a la place de glisser les doigts (attention à rester ferme pour ne pas riper vers les hameçons) et pour le black-bass, les pêches usuelles (jig, texan…) évitent les piercings. Attention cela dit à l’utilisation de poisson-nageur où dans ces conditions, la prise par une main sous le ventre permet de récupérer le black-bass sans danger pour le pêcheur :

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Bien passer derrière les dents...

 

Manipulation : la décroche

 

Une fois le poisson capturé, la phase la plus critique pour le poisson et le pêcheur reste la manipulation du décrochage.

 

Pour éviter tout danger, je conseille très fortement de commencer par décrocher le poisson. A cela trois raisons :

 

- Eviter lors de la prise d’une photo que le poisson par nervosité soit lâché avec des hameçons qui peuvent se retourner sur le pêcheur (déjà vu avec un broc de 90cm…)

 

- Blesser le poisson avec les hameçons sur une chute.

 

- Rapidement discerner les saignements (poissons mal pris) pour le relâcher le plus rapidement possible (sans photo si besoin)

 

Maintenant là-aussi beaucoup sont ceux à galérer lorsqu’il s’agit de décrocher un brochet et à s’y reprendre plusieurs fois. De manière générale, le placement du poisson sur le dos avec une bonne prise par les ouïes permet d’ouvrir facilement la gueule du brochet. Une pince à long bec est ensuite l’arme idéale pour aller chercher des hameçons piqués profondément.

 

A ce titre  pour limiter le taux de mortalités, il est parfois préférable de couper le fil et de ressortir le leurre par les ouïes. Une pince coupante est également un outil indispensable ; il est préférable de couper un hameçon mal placé que de tenter une extraction de force.

 

Pour toutes les pêches aux poissons-nageurs, l’astuce est de toujours placer les triples vacants à l’opposé de soi. Sur un moment de nervosité du poisson, ils sont ainsi à l’écart des mains et évitent tout incident :

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Leurre à l'opposé de la main...

 

Après il est évident que pour les poissons qui nécessitent pas de photos et/ou piqués bord de gueule, la solution est également de les décrocher directement dans l’eau:

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Un coup sec et le poisson repart...

 

Manipulation : favoriser le poisson…

 

Nous venons rapidement de tourner autour des deux sujets : saisit et décroche, mais je pense que le point clé de la survie du poisson passe également par l’éthique et le comportement du pêcheur. Je sais qu’il n’est pas toujours évident de faire ce que l’on souhaite au bord de l’eau mais globalement, il faut :

 

- Eviter de poser le poisson à même le sol (sauf si humide)

 

- Eviter de trop lever un poisson au-dessus du sol si on le maintien mal, pour limiter la hauteur de chute

 

- Ne pas traîner le poisson à même le sol

 

- Limiter le temps hors de l’eau (surtout l’été)

 

- Eviter le prolongement interminable des photos

 

- Tenir au maximum le poisson verticalement (une main) ou horizontalement (deux mains)

 

- Faire les photos d’un poisson avec un leurre dans l’eau

 

Ce dernier point est important, puisque non seulement on limite les risques de s’accrocher le leurre sur une mauvaise manipulation (poisson-nageur) mais on peut multiplier les clichés avec un poisson dans son élément:

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Après il paraît évident qu’un poisson mourant ne doit être pas remis à l’eau juste pour valeur morale ! J’entends par là la réflexion : « au moins je l’ai remis », il est plus judicieux de le tuer proprement que de fermer les yeux sur une évidence, autant abréger les souffrances. Tous les ans, je ne m’en cache pas, j’ai au moins 7 à 10 poissons qui ne repartent pas (surtout des perches avec 2 ou 3 sandres). Le risque 0 n’existe pas, dans quel cas il faudrait retirer les hameçons ou arrêter la pêche.

 

Pour terminer ce sujet et conclure sur une valeur « éthique », merci également de respecter vos poissons… cela passe par des manipulations rapides et sans danger mais également par la non nécessité de repiquer son poisson pour une photo « sponsor ». Si certaines photos peuvent être critiquables (la suivante par exemple et pourtant poisson non repiqué), je peux assurer qu’ici ; jamais un poisson n’a été repiqué. S’il s’agit d’une pratique courante chez certaines personnes, je conçois mal prôner le respect du poisson et agir de la sorte.

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Quand on peut lire certaines critiques faites à des novices ou débutants sur les manipulations au sol des poissons, la mauvaise tenue, etc… j’aimerai rajouter que cet agissement est tout aussi similaire !

Tag(s) : #Conseil

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