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Le dernier sujet sur le sandre portait essentiellement sur une approche générale de sa traque et de sa pêche. Par le volume d’eau et l’immensité que peut représenter un lac de barrage ou un grand étang, il me semblait plus logique de pousser la réflexion sur ce type d’étendue. Les profondeurs sont souvent importantes, des vallées et ses vestiges peuvent être noyés, autant de postes et de variations qui font qu’on peut rapidement pêcher dans le vide.

 

Cela dit, la pêche du sandre en rivière est également riche d’enseignement et très intéressante à mettre en œuvre. Veuillez trouver dans ce nouvel article qu’une des multiples façons d’aborder ces milieux, qui est à la mienne, je ne doute pas que d’autres réflexions ou manières de faire peuvent également convenir pour leurrer nos amis les sandres…

 

Avant de rentrer dans le vif du sujet, j’entends ici par pêche de rivières, les pêches de petits et moyens cours d’eaux. Il est évident que les pêches en fleuve : Loire par exemple, sont différentes. Un sujet que je ne maîtrise pas puisqu’en float-tube ces grands milieux sont souvent inaccessibles, cela dit des constantes de présentations et de lecture de courant me semblent adaptables.

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Des ouvrages comme nous n'avons pas par chez nous, du courant même en été...

 

Revenons-en à nos petites et moyennes rivières, à savoir des largeurs pouvant varier de 10 à 30/40m. Sur nos régions (Pays de la Loire par exemple), elles ont souvent été canalisées ou remaniées par l’homme par de multiples barrages/chaussées/cascades (chez nous on dit une chaussée mais ce terme varie selon les régions). Ces ouvrages, pour ne pas se tromper dans les « mots », ont eu pour vocation de ralentir les courants et de rendre une grande partie de l’année nos eaux stagnantes.

 

Sauf au pied de ces ouvrages où un courant (plus ou moins fort) est toujours présent (Mayenne, Sarthe, Sèvre Nantaise…), de mai (ouverture) au mois de septembre/octobre, l’ensemble des biefs (partie entre deux ouvrages) ne présente aucun courant ou alors très faible. Les fonds sont souvent relativement uniformes avec des profondeurs moyennes comprises entre 1.5 et 3m (sur certains secteurs ont peu atteindre 5m avec quelques fosses plus profondes à 7 ou 8m et plus). Ce qui entraîne l’été un réchauffement des eaux, un manque d’oxygène et une certaine eutrophisation.

 

A partir de l’automne, la vie redémarre par les premières précipitations. Les eaux se refroidissent, un léger courant réapparait et au fur et à mesure que l’hiver s’installe, le courant reprend ses droits avec des débits toujours plus forts et qui se ressentent sur l’ensemble du linéaire des biefs. Cette période coïncide souvent aux mois de novembre à Janvier.

 

Autant dire que l’activité et le placement des sandres évoluent suivant ces contrastes, mais pour ma part je divise ma pêche de deux façons selon ces deux « états » : eau stagnante et eau courante

 

Par eau stagnante, les poissons blancs et carnassiers vivent comme dans un étang. Les poissons peuvent aussi bien se tenir sur les bordures que dans le lit de la rivière en suspension ou au fond… Si quelques arbres noyés ou cassures peuvent être présents sur l’ensemble du linéaire d’un bief, globalement l’ensemble de la « vie » se passe sur les bordures. Envasés ou en grandes plages, elles représentent des zones où la végétation se développent. Canalisée, on va retrouver de nombreux rochers ou murets qui soutiennent les berges. On a également des linéaires entiers de saules et d’aulnes qui baignent racines et branches dans l’eau. Beaucoup me diront qu’il s’agit de postes obligatoires à brochets et perches, pourtant…

 

Si un pêcheur de sandre a souvent tendance à vouloir chercher le plus profond à savoir le milieu de la rivière, il perd bien souvent son temps puisque tout est à disposition à ses pieds. Les fosses et autres piliers de ponts seront toujours des postes intéressants ou des poissons seront postés, mais il s’agit également des postes les plus pêchés… Et avec l’arrivée du silure dans nos eaux, les populations de sandres ont également vu leurs zones habituelles colonisées et ont de ce fait changé leurs habitudes.

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Spot à bass... mais pas que...

 

J’ai découvert cette pêche passionnante du sandre en rivière grâce à un ami (Arnaud) qui m’a poussé à tester ses secteurs de pêche. Comme tous les pêcheurs, je pêchais le large et délaissais les bordures où devrais-je dire les « dessous ». A savoir que je prospectais essentiellement les devants des arbres et autres branches qui s’étalaient vers le large ainsi que les fosses, arbres noyés dans le lit et autres piliers de ponts. Soit au souple en verticale ou linéaire soit au plomb palette.

 

Bien plus qu’ailleurs, se sont sur les postes de bordures que je prenais le plus de touches. Cela dit je n’explorais pas 1/10 du potentiel des lieux puisque je ne prospectais que la « surface » du poste. A savoir les abords où quelques poissons plus actifs sortaient de leurs caches. La pêche du black-bass et la maitrise des techniques de lancers (pitching et skipping) sont alors venus à ma rescousse. Armé de têtes plombées légères (5 à 7gr), me voilà à skipper des shads 3 et 4’’ sous les frondaisons d’arbres dans les endroits les plus encombrés.

 

On laisse du matériel (bien qu’en float-tube dans 90% des situations on arrive à se défaire) mais je venais de trouver le mystère des sandres. Planqués dans 0.50 à 1.2m de profondeur sous les racines, ils n’y voyaient jamais de leurre et par agressivité venaient m’exploser le poignet ! Après quelques rodages et en analysant le positionnement des sandres, j’ai compris que ces derniers se collaient au plus profond de la bordure et des postes. En quelque sorte, le devant des arbres noyés pouvaient être occupés par quelques poissons (en chasse) mais que la majorité d’un  banc se trouvait calé au fond de l’obstacle.

 

Pour cela, un plombage trop léger était inopérant dans beaucoup de situation. En effet, trop léger, on ne skippe pas assez loin et on ne pénètre pas aussi facilement les petites branches de surface. De plus le fait de garder la ligne en tension a tendance à tracter le leurre vers le pêcheur et donc de l’en écarter de la bordure…  A contrario, un plombage « assez lourd » (admettons 7gr pour un shad 3’’) permet de skipper plus loin et de descendre plus vite à raz de la berge et donc de pêcher sur la « hot zone » plus longtemps.

 

Nota : l’utilisation de tête plombée triangulaire est recommandée pour le skipping (ex les tetra head de chez VMC).

 

Je peux vous assurer que faire un superbe skipping dans une trouée, laisser descendre le leurre, l’animer lentement par des glissades et se prendre une cartouche à déboiter la canne est juste magique !

 

S’il n’est pas toujours utile de procéder ainsi, la technique rapporte bien souvent de mai à septembre, un très grand nombre de sandres avec des touches à chaque sortie. La surprise vaut aussi bien souvent la capture d’un silure, d’un brochet, d’une grosse perche et même de black-bass… En revanche, sur les sandres si j’en ai capturé des centaines ainsi, il s’agit rarement de gros poissons (35/60cm de moyenne) avec de temps en temps un poisson plus gros. J’imagine que l’utilisation  de leurre plus volumineux serait la solution, mais dans 0.50 à 0.80m de profondeur, la discrétion du lancer n’est plus la même.

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Les sandres de rivières sont taillés pour le courant, en confirme le voilier de sa queue.

 

Autre méthode, de mai à septembre, les ouvrages où le courant est encore présent restent les rares zones où de l’oxygène se forme. Tous les poissons y remontent même par des faibles profondeurs en été.

 

Si la profondeur est faible, j’ai tendance à pêcher l’ouvrage le matin au levée du jour et tardivement le soir. Les sandres en profitent pour monter (parfois de très loin) chasser. En revanche, si les profondeurs sont d’au moins 1 à 1.5m, on peut retrouver du sandre toute la journée et si il y’a une fosse, le poste est encore meilleur !

 

En général, je me colle au pied de l’ouvrage et peigne en ¾ les courants en m’aidant des mouvements d’eaux pour faire évoluer le leurre. Pas besoin d’animations inutiles, le leurre prend le courant se pose au fond, le fait de le redécoller, le courant l’embarque et le repose plus loin… Cela suffit à le faire nager et à être attrayant pour les sandres et autres carnassiers.

 

L’idéal étant un fort courant qui pousse dans une fosse. Là vous vous placez en amont, lancer dans la fosse et bloquez le leurre. Le courant va faire nager en surplace le leurre, comme une verticale. Je plombe assez lourd (pour toujours rester à proximité du fond selon la force du courant) et au fur et à mesure j’avance ma présentation en laissant des grands moments de « suspension » sur une même zone.

 

Attention, la touche se caractérise soit par une lourdeur soit par un arrachage de canne ! Cette pêche peut également se faire à l’aide d’un poisson-nageur (Nota : les sandres préfèrent des poissons-nageurs effilés : forme d’ablette ; de ce fait je préfère utiliser des formes du type BX-Minnow, Twich-Stick qu’un cranckbait tel un Dive To…)

 

Les deux procédés présentés ci-dessus sont les deux qui me rapportent le plus de poissons de mai à septembre. Il m’est bien entendu arrivé de faire des cartons en été - en verticale dans 2m de profondeur - sur le lit de la rivière sur des sandres au repos, ou encore sur des pêches linéaires au poisson-nageur ou au leurre souple au petit bonheur la chance. Mais ces pêches sont plus aléatoires. Hors postes marqués, il s’agit bien souvent de poissons de passage ou en mouvement qui tournent dans la masse d’eau : des poissons qui changent de bordures, qui stationnent en suspension en milieu de rivière, etc…

 

Si je suis assuré qu’il n’y en a autant que sur lers bordures, pour ma part j’estime qu’ils sont plus aléatoires, imprévisibles et méfiants puisqu’ils sont à découvert. Je pense également que les gros sandres se tiennent au milieu de nulle part sur la masse d’eau et pas uniquement sur les bordures, ce qui rend leurs captures compliqués par eaux « mortes ».

 

Eau courante :

 

Ma pêche change ensuite radicalement dès l’arrivée des premiers courants. Comme écrit précédemment, nos rivières sont assez monotones et une fois que le courant se fait ressentir sur l’ensemble d’un bief, je peux vous dire que les poissons ne restent pas toute la journée en plein milieu à lutter ! En ce qui concerne les sandres, il est assuré que le courant les fait enfin bouger.

Si les débits ne cessent d’augmenter, la majorité des poissons (toutes espèces confondues) se recentrent sur les bordures, amortis et zones « mortes ». Ce qui est d’autant plus vrai quand les débits deviennent trop importants (exemple d’une crue).

 

En général, tant que les courants ne sont pas encore trop forts, je prospecte essentiellement en verticale ou linéaire en lisière des obstacles de bordures. Dans le sens que le courant dans une rivière est synonyme de « vie », de renaissance du milieu et que les sandres en profitent pour ressortir à découvert chasser.

 

Les mouvements d’eaux entraînent des phases euphoriques et d’alimentation chez les sandres, ils ressortent de leurs trous pour se poster en chasse (plus facilement qu’en été). Autant dire que la moindre rupture ou le moindre poste que le courant vient « taper », est un poste éventuel. D’ailleurs, il s’agit souvent d’une époque où la prise de gros poissons redevient régulière ! Pour être franc, bien souvent j’abandonne dans ces occasions la pleine eau (hors piles de ponts et postes marqués : exemple d’un arbre noyé) pour ne pêcher que les bordures en lisière de courant.

Plus le courant s’intensifie et plus les postes de pleine eau sont délaissés, les bordures même encombrées sont balayées et les poissons les désertent. Au contraire des « zones mortes », des « grands amortis », des remous, des bras morts et autres zones qui sont des secteurs où tous les poissons se rassemblent en attente. Là, les gros sandres ne peuvent plus se cacher, ils sont là et prennent les meilleures places. Cela est en général synonyme de la saison des crues et des gros sandres …

 

En revanche au fur et à mesure que les débits diminuent, ces gros poissons lâchent ces zones et se divisent, laissant place aux « petits » poissons. Sur ces périodes de fortes « eaux », je pratique essentiellement du bord (pas le choix) ou alors bateau/float tube sur des secteurs précis. Ma pêche est en linéaire sur des leurres volumineux (au moins taille 4’’) car les sandres sont énervés et agressifs avec de réelles chances de ferrer des grands poissons !

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Un des nombreux "grands" sandres qui hantent nos cours d'eaux

 

Une erreur à ne pas faire, c’est de trop plomber pour sentir le fond sur les pêches en linéaire. Il faut trouver le juste milieu pour pêcher proche du fond sans que leurre soit balayé. Quand elle est possible, la verticale est également productive (là le grammage peut être important).

 

Voilà en quelques lignes comment je procède sur les sandres en rivière, il y’a surement pleins d’autres façons de faire ou d’appréhender ces milieux mais pour ma part, sur les sites que je pêche, il s’agit réellement des méthodes les plus « efficaces ». Cela ne veut pas dire que sur une journée « X », ces méthodes peuvent être moins rentables ! De même, pour avoir pêché des rivières où le courant est soutenu toute l’année (le Lot sur certaine partie par exemple), l’approche est encore tout autre. Dans cet article, il s’agit essentiellement des situations et des cas de figures de chez moi (Pays de la Loire). Après comme à chaque session, c’est au pêcheur de trouver la pêche du jour : couleur, taille, vibration…

 

Il est maintenant un peu tard pour essayer ces méthodes, fermeture oblige, mais je suis certains que vous y trouverez quelques idées à vos goûts !

Tag(s) : #Comportement

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