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Au moment de l’ouverture, avec l’ami Anthony nous avions organisé un coup du soir sur un étang de 2ha. Cet étang a vu l’implantation - il y’a quelques années - de sandres géniteurs. Depuis, seuls quelques rares poissons et juvéniles avaient été leurrés, la mission de cette soirée était très simple : ferrer des sandres !

 

En complément, quelques perches avaient également été introduites (des très grosses présentes) et une population de brochets résidait sur le site, en quelle quantité ? Quelle taille ? La seule information qu’avait Anthony était la capture d’un joli poisson de 85cm l’hiver dernier et de quelques poissons à la maille. La reproduction avait également démontré la présence de deux gros poissons et de petits mâles !

 

L’étang est relativement peu profond avec une zone envasée (arrivée d’eaux) recouverte de nénuphars, un plat de sable et des bordures d’arbres noyés où les branches baignent entre 1 et 3m de profondeur.

 

Techniquement, je m’étais orienté sur une pêche au leurre souple (shad 3 à 5’’) montés directement sur du 60%. Un diamètre qui peut paraitre important mais lorsqu’on sait que les sandres y sont rarement pêchés, que la teinte de l’eau est trouble et que des gros brochets semblent présents (dont un métré), on ne prend aucun risque ! Surtout qu’en début de saison, j’aime bien prospecter directement dans les embâcles de branches où les sandres aiment venir se réfugier et chasser. Il suffirait de tomber sur un brochet…

 

En float-tube, nos prospections variaient entre des pêches linéaires au souple le long et au large des branches noyées et de la pleine eau où des sandres pouvaient rôder. Après plus d’une heure, sur une nage agressive, une lourdeur survient dans la tension de ma ligne. Le ferrage est hasardeux (trop d’hésitation) et je me retrouve attelé avec un poisson (lourd) qui après quelques mètres se décrochera. Dommage, pour cette 10ème fois dans la soirée, ce n’était pas une branche ! Une des raisons pour laquelle, systématiquement au moindre doute il faut ferrer…

 

Quelques mètres plus loin, je me prendrais un coup de fusil caractéristique de mes amis sandres. Le genre de touche à deux solutions : poisson ferré, il a engamé soit il vient taper gueule fermée et le ferrage est dans le vide ! Cette fois-là pas manqué, il est loupé ! J’aurais beau alterner pêche lente linéaire ou verticale et agressive, rien n’y fera !

Anthony finira tout de même par prendre une perche en pleine eau. Nous décidons alors d’attaquer la queue d’étang. La zone est moins profonde, l’eau plus chaude et la bordure est recouverte d’arbres et de nénuphars. Il se pourrait bien qu’on y trouve quelques poissons postés, notamment des brochets embusqués dans le courant du ruisseau d’amené.

Je réattaque au spinnerbait et prospecte les arbres noyés les uns après les autres. Alors que mon leurre est propulsé au cœur des branchages, au moment où mon spinnerbait franchit une branche, une vague suivit d’une explosion vient me cintrer en deux ma G-Loomis. Le ferrage est appuyé et je savoure la puissance de mon ensemble casting. Le poisson est gros et explose littéralement dans les branches alors que je ne cède aucun centimètre de fil et l’extrait de force en pleine eau.

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Mes impressions vont pour un brochet autour des 80cm mais finalement, à la réglette il affichera 86cm. Pour un poisson sauve-bredouille, on a vu pire !

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Je ne vous cache pas qu’après cette capture, les sandres ont été oubliés pour une thématique brochet. A deux, nous nous sommes mis en power fishing. Pour autant rien de bien concret jusqu’à l’amené du ruisseau où là, dans 50cm de profondeur à l’impact de mon spinnerbait sur l’eau, une explosion survient. Anthony et moi restons sans voix, deux possibilités : carpe ou gros brochet !

 

Motivé, je relance une dizaine de fois sur la zone en vain et commence à douter sur la nature du poisson. C’est alors qu’Anthony propulse son shad 4’’ orange monté en texan. Quelques animations suffiront pour soulever une vague ! Son fil se décale sur le côté et une hésitation au ferrage se fait ressentir : Anthony est monté en 35% sur un ensemble casting light !

 

La canne est en deux, le poisson est lourd. Il tente de le travailler en force en reculant vers le large mais le poisson commande. Son ensemble trop léger ne lui permet pas de contrecarrer les envies de maitre exos. Avec 15m de fil dehors, le brochet prend la direction d’un arbre noyé… Inévitablement, il s’y cale et s’y bloque ! Face à cette situation, fluorocarbone 35%, dents et taille du brochet, je prends l’initiative de me ruer sur l’arbre sans laisser le temps à Anthony de revenir vers moi pour essayer de contourner l’obstacle. Les branches tremblent, le poisson peut casser ou couper à tout moment. Illico, je prends le fil et tire comme un âne. Le brochet arrive énervé et tout vigoureux en surface, un instant à ne pas louper pour glisser mes mains dans les ouïes !!!

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Je le tiens fermement, mes doigts sont légèrement esquintés mais il est au sec avec un gros soulagement ! Le poisson est en pleine forme et accusera 94cm, le new record d’Anthony ! Le matériel a souffert : fluorocarbone limé sans parler de l’agrafe et du petit hameçon texan… il s’en est fallu de peu !

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Preuve encore en est que sur des combats musclés, l’utilisation d’agrafe dans la pêche au leurre peut conduire à la perte d’un poisson. Lorsqu’on recherche le brochet et notamment les gros, il ne faut pas lésiner sur le matériel pour mettre toutes les chances de son côté… 

Sur un nuage, notre soirée s’achèvera ainsi autour d’une bière victorieuse. Peu de touches mais deux poissons "sauve bredouille" qui font bien plaisir ! Les brochets semblent bien réveillés en ce début de saison, et la prochaine histoire le démontrera…

Tag(s) : #Session

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