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Comme annoncé, sur le mois d’octobre j’ai décidé de mettre de côté la pêche du sandre pour me recentrer sur le brochet. Après une forte impression de passer à côté de beaucoup de choses sur ma saison, j’ai un fort besoin de toucher et de me diversifier sur d’autres pêches. Pour cela, les compétitions float-tubes du mois étaient appropriées et allaient dans mon sens avec des dates essentiellement axées sur une pêche du brochet.

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Mais il me manquait la réalisation d’une vraie session « pêche loisir ». Vous savez celle où vous pêchez pour vous en dehors de toutes compétitions, animations et loin de toutes les micros sorties réalisées entre deux créneaux.

 

Pour cela, à l’occasion du GN Float-tube de l’Aube, j’ai profité de ma traversée de la France pour rejoindre Jean-Michel Marcon pour une pêche du brochet en mode lac Alpin ! J’étais suivis par Thierry Nguyen et rejoints par deux de leurs amis ; Cyril et Sébastien.

 

L’objectif était très simple, pêche entre potes dans la plus grande détente à la recherche d’un maximum de brochets. Niveau pêche, rien de comparable à mes pêches usuelles aux jerkbaits, ici on pêche à la mode Alpine avec des gros shads animés en pleine eau sur de l’herbier. Le lac du séjour étant très vaste, la difficulté résidait dans la localisation des poissons et la présentation du bon montage sur ces poissons.

 

Les profondeurs de pêche variaient entre 4 et 12m de profondeur avec des épaisseurs d’herbiers variant entre 0.5 et 2.50m d’épaisseur. De manière générale, dès que nous descendions dans des profondeurs de 5 à 6m, les herbiers commençaient à se tasser avec des hauteurs de 0.20 à 1m. Plus haut dans des profondeurs inférieures, la forte épaisseur des herbiers ne permettaient pas systématiquement de faire bouger les poissons calés dans cette masse !

 

Au niveau du matériel, rien de bien compliqué, deux cannes : canne Shimano casting CRCXE 610MH équipée d’un Calcultta DC 201 et Gloomis GL3 avec Shimano Core. Un corps de ligne en tresse 20/23% avec bas de ligne de discrétion de 2m de longueur en fluoro 35% puis bas de protection en fluorocarbone 70%. Sur les leurres, du Shad et encore du Shad en taille 5 à 8’’ ainsi que quelques autres Cranckbaits, Spinnerbaits et même des Bigbaits ; on ne sait jamais et j’ai bien fait !

 

Lundi :

 

Après deux jours de pêche consécutifs, Jean-Michel a eu le temps de prendre la température des lieux et nous annonce une pêche relativement compliquée. Ces recherches entre 6 et 8m fond ont rapporté du poisson mais pas de la taille escomptée ; max 70cm. Il insiste également sur le fait que les poissons semblent peu actifs avec des touches nombreuses mais furtives qui entraînent un grand nombre de loupés et décrochés. En simplifié, on va prendre du poisson mais va falloir d’abord les trouver et ensuite les déclencher « correctement » pour les ferrer !

 

Au petit matin, windguru annonce une journée venteuse avec des fortes rafales, nous retrouvons un lac démonté avec des creux importants, parfois d’1m. Si nous estimons que les brochets vont être actifs, pour nous pêcheurs, la journée va être « très » sportive ! D’autant plus que les spots de pêche sont à 2km de palmes !

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Pour autant, la mise à l’eau ne tarde pas et dès les premières bonnes profondeurs atteintes, nos lancers commencent déjà à se multiplier ; la soif de la « touche ». Si l’idée est de tracer sur la berge d’en face, la pêche sur le dernier tiers du plateau de mise à l’eau ralentit la progression, les touches sont régulières et chacun d’entre nous a envie de rapidement dérouiller. Pour ma part, les 3 premiers brochets seront perdus (poissons de 45/70cm) et mon 1er n’arrivera que quelques heures plus tard, sur la berge opposée.

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Notre progression se fera dans des profondeurs comprises entre 4 et 6m. Régulièrement nous prendrons des touches ici et là sur l’herbier avec quelques poissons à la clé, mais globalement l’euphorie n’est pas là avec des poissons calibrés à 50/65cm. Je finirais par trouver ce qu’on appelle un banc de brochet sur une fin de dérive. Les herbiers se densifient avant de s’éteindre sur ce plateau et il semblerait que les brochets avaient pris la zone comme péage. A chaque lancer je suis attelé à des poissons « moyens » de 60/70cm. L’enchaînement de capture est sympathique mais il manque le « gros ». A cet instant, je ne pensais pas si bien dire, une grosse baffe dans la canne viendra me réveiller !

 

Au ferrage, le poisson est lourd et tient le fond, le candidat est tout de suite plus sérieux. Malheureusement, ce brochet a pris en bout de lancer et sur le combat il ira se tanker dans les herbiers avant de se décrocher ! S’agissait-il d’un métré ou d’un 80+ énervé ??

 

Du côté des collègues et notamment Thierry, une autre concentration a été localisée avec tout autant de touches. Capturer entre 10 et 15brochets en 20mn est ici monnaie courante une fois les poissons localisés. Malheureusement, comme pour moi, Thierry décrochera les 2 plus gros poissons (aux alentours des 80cm).

 

Un pattern semble alors se dessiner : têtes plombées assez lourdes (14/18gr) avec shad 15cm à forte caudale et de teinte « bleue ». Les poissons sont concentrés sur les profondeurs de 4.5/5m où les herbiers sont ni trop denses, ni trop hauts. En résumé, des plateaux avec une bonne épaisseur d’herbiers clairsemés !

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L’euphorie ne durera malheureusement qu’une courte durée, de 13h à 19h, l’activité des brochets est retombée avec des prises aléatoires ici et là. Seul Jean-Michel réussira à extirper un joli poisson (+ ou -85cm) du lot de « standards ». Pour ma part, sur une récupération rapide vers la surface, je me referai stopper à mi-profondeur par un gros poisson que je tiendrais que quelques secondes. Là aussi difficile d’estimer la taille mais j’avais assurément un 80++.

 

Une première journée à demi-teinte puisque nous prendrons un très grand nombre de brochets (tailles standards) mais avec des disparités importantes d’activités dans la journée. La capture d’un grand poisson reste dans nos têtes !

 

Mardi :

 

Après les efforts importants de la veille, pour cette 2nde journée la météo est restée conciliante avec une absence totale de vent. Si ce temps à l’avantage de nous économiser physiquement, ne nous voilons pas à la face, l’activité des brochets va être diminuée ! Dans ces eaux limpides, le vent et les vagues formées ont l’avantage de « brouiller » un minimum les eaux et de faire bouger les poissons. Avec une surface d’eau lisse, les carnassiers ont des fortes probabilités d’être posés et calés dans l’herbier.

 

Un constat rapidement vérifié dès la mise à l’eau où, après les touches de la veille, nous décidons d’insister plusieurs heures. Les touches sont inexistantes ou furtives, les loupés et décrochés très nombreux, la journée s’annonce compliquée.

 

A 5 pêcheurs, nous nous dispatchons sur l’étendue d’eau pour localiser les poissons et faire de nombreux tests techniques. En bateau, Cyril et Sébastien semblent avoir trouvé une solution en matraquant les 4.5m de profondeurs aux busters. Sur des animations lentes, les billes claquent et agacent quelques poissons. Sur du souple, nous prenons des coups de nez et suivis !

 

Je prends alors l’initiative d’imiter les copains avec une pêche que je maîtrise ; le jerkbait pleine balle pour déclencher des attaques d’agressivité plus que d’alimentation. Rapidement je suis mis au parfum avec une grosse poignée de poissons calibrés entre 45 et 65cm. Cette technique à cela dit un point négatif, on pêche haut ! Je suis donc rentable que dans des profondeurs < 4m où les herbiers remontent jusqu’à 1.5m sous la surface. Dès que les herbiers s’approfondissent, je pêche trop haut et les poissons ne décollent pas ! J’opte alors pour une solution « vibration » avec un spinnerbait. L’animation se fait au plus près des herbiers et rapidement 2 poissons viendront se rajouter au compteur, les seuls ainsi !

 

Tout le groupe essaye des leurres, des animations et chacun capture quelques poissons mais rien ne ressort du lot ! Seul Jean-Michel s’en sort au leurre souple en prenant régulièrement quelques brochets moyens.

 

Il est évident que la journée est plus compliquée que la veille et qu’il ne va pas falloir louper « La Touche ». Comme je l’annonce à Thierry, un gros peut tomber dans ces conditions mais nous n’aurons pas 50 chances de le capturer!

 

Je ne pensais pas si bien dire ! Aux alentours de midi, Thierry rentre sur une zone où quelques jolis brochets semblent être montés en activité. Il y ferre un joli poisson de 80/85cm et plusieurs autres poissons sont présents sur la zone. Avec Jean-Michel, nous nous rapprochons pour travailler la zone au leurre souple.

 

La concentration est maximale, j’effectue un long lancer dans 5/6m de profondeur, je laisse lentement couler mon leurre souple jusqu’à juger être proche de l’herbier pour commencer mon animation. Cette dernière consiste à faire évoluer en linéaire mon shad au plus près de l’herbier avec quelques accélérations au moulinet. A quelques mètres du float-tube, je prends une baffe monumentale. Le ferrage est appuyé et la Gloomis en deux !

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Le poisson est lourd avec quelques gros coups de tête, pour autant je n’annonce pas un grand poisson. Pour moi il s’agit d’un sujet similaire au précédent. Au fur et à mesure de ma récupération, le poids s’accentue jusqu’à prendre un rush de 10m où je suis obligé de libérer de la tresse pour contenir le brochet ! Finalement c’est peut-être un peu plus gros ! Malgré la forte pression que j’exerce sur le poisson, je suis dans l’incapacité de le maitriser ni même de le décoller. Les accélérations se succèdent et systématiquement je libère entre 5 et 10m de tresse.

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Le combat s’éternise, la pression dans la ligne est intense et je commence à apercevoir mon nœud de raccord en surface. J’ai alors l’envie de regarder ce qui se passe sous mon float-tube. Avec plusieurs mètres de visibilité, je devrais commencer à apercevoir le poisson et là c’est une surprise de taille ! La gueule béante, le brochet secoue violemment sa tête à quelques mètres sous mes palmes, c’est un gros, très gros poisson ! La pression monte et le poisson repart de plus belle, maintenant que je l’ai vu, l’adrénaline commence à monter. Ce poisson-là, il ne faut pas le perdre !

 

La puissance du poisson entraîne encore plusieurs mètres de tresse jusqu’à se tanker dans l’herbier. Quelques secondes interminables où il ressort de lui-même pour exploser la surface. Le mètre est largement passé. Jean-Michel en bon seigneur tend son épuisette devant lui, j’emmène de force le brochet dans cette direction où il l’assure d’une main de maître !

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Un cri de joie explose sur l’eau, le poisson est massif et battit en puissance ; un vrai grand brochet. Les photos sont rapidement exécutées pour remettre dans les meilleures conditions ce poisson.

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A la suite de quelques va et vient de ré oxygénation, Thierry immortalise les dernières images avant qu’il regagne les abysses du lac, un grand souvenir !

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Après une telle capture, je suis dans un autre monde, la journée est gagnée d’avance et peu importe la suite des évènements je suis sur mon nuage. Nous reprendrons chacun une grosse poignée de brochets dont la décroche de quelques 80/85cm. Jean-Michel prendra le dernier correct de la journée : 80cm !

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Alors que les derniers lancers se multiplient, la nuit tombe et le lac prend alors un tout autre visage. Une ambiance mystique se dégage et c’est avec plein de rêves que nous finalisons cette journée.

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Mercredi :

 

Alors qu’il s’agit de la journée de mon départ, je décide en solo de retourner quelques heures, mes dernières, sur le lac. En 3h30 de temps, je suis limité à une zone mais qu’importe, je veux en profiter jusqu’au bout !

 

Le lac est une nouvelle fois d’huile avec des poissons inactifs. Les scénarios de la veille sont réitérés mais les jerkbaits ne déclencheront aucun poisson. Il n’y a qu’au leurre souple que je multiplie les touches, loupés et décrochés pour changer. Ce qui s’explique par l’utilisation de leurre souple volumineux, l’absence de triple voleur et la multiplication des attaques de « juvéniles » < 55cm.

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Deux jolis poissons de 75/80cm se décrocheront au float-tube alors que 8 autres de 55/70cm se laisseront piéger, de quoi repartir avec le sourire et des images pleins les yeux.

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Dans l’ensemble, ce séjour a été très enrichissant. Bien que j’ai régulièrement pêché au shad en linéaire à l’aveuglette, être re-confronté à cette pratique fût un exercice amusant et technique. Pêcher à 400m des bordures en pleine eau sur de l’herbier et sans repère visuelle sur des kilomètres est rapidement déconcertant. Un exercice qui demande patience et force morale tout en gardant une grande concentration. La difficulté réside également dans le jugement du pêcheur à animer au bon moment son leurre !

 

Lancer à 40m du float-tube et animer un leurre souple précisément au-dessus des herbiers restent au bon jugement du pêcheur. Le jugement de ce timing  est important puisqu’il conditionne le résultat. Il demande concentration pour éviter de faire évoluer le leurre trop au-dessus des herbiers (moins de touches) ou dedans (non pêchant) avec un ramassage systématique d’herbes.

 

Tag(s) : #Session

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