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Les vacances sont désormais terminées et finissent en apothéose avec un énième voyage en Suède. Si la fatigue est inévitablement au rendez-vous, ce voyage laissera encore de nombreux souvenirs derrière lui.

 Depuis quelques années nos voyages en Suède sont devenus des drogues, des incontournables sur une saison de pêche. Un pays où tous les rêves sont permis. Les lacs sont immenses, les populations de poissons irréelles et le tout dans un cadre sauvage et préservé. Attention cela dit à ne pas croire qu’il suffit de lancer un leurre pour faire mouche, je le répète après chaque voyage, mais en Suède comme ailleurs les capots sont possibles. Les poissons carnassiers ont beau être densitaires, l’équilibre proies/prédateurs, l’immensité des milieux et les changements météos sont autant de paramètres qui peuvent faire fluctuer les résultats de la pêche.  

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En revanche, si le pêcheur se force à comprendre les conditions du moment, les mouvements des poissons et à analyser le degré d’activité des prédateurs, il a toute ces chances pour décider quelques poissons et parfois même réaliser des pêches extraordinaires !

Les brochets sont dans ces eaux très mobiles et s’activent en fonction des conditions du moment. Une baisse de pression atmosphérique, l’arrivée d’une tempête ou d’un orage peuvent entraîner des moments de boulimie carnassière bien souvent succéder par des périodes d’apathie totale. Les poissons gavés ne répondent alors à plus aucune présentation « standard » et c’est aux pêcheurs de savoir décider les prédateurs pour déclencher quelques touches. Vitesse de récupération, vibration et couleur du leurre, sonorité et profondeur de nage sont alors autant de grandeurs à faire fluctuer pour trouver la pêche. Encore faut-il avoir compris le positionnement des poissons sur le lac ainsi que les zones à « potentielles touches », en simplifié rien n’est à laisser au hasard !

Bref, la pêche en Suède est la même quand France à l’exception près que vous pêchez sur des milieux préservés. Maintenant, je ne vous cache pas qu’après plusieurs voyages et des grands principes de pêche compris et surtout assimilés, il s’agit désormais pour nous d’un grand terrain de jeu où nous sommes le ballon aux milieux des brochets.

Déjà pour remettre les choses à plat, niveau météo nous avons été gâtés avec une chute des températures. Si les semaines précédentes, la Suède était très estivale avec des températures de 27/30°C, en l’espace de quelques jours un vent du Sud s’est installé rapportant précipitations et fraîcheur. Les journées tournaient entre 8 et 11°C le matin pour un maximum de 16/18°C en journée !!!

    Maintenant, parlons un peu de la pêche et de ce séjour organisé avec Sweden Predator fishing. Tout commence dimanche 17 août à 4h du matin où nous nous envolons pour la Suède. Les valises arrivent à bon port, la voiture de location est prête et la route vite avalée pour un débarquement en milieu d’après-midi au chalet.

Arrivés de la veille, Vincent Lopez, son père et l’un de ces amis Alex nous attendent. Ils ont déjà commencé à appréhender le lac et totalisent 3 poissons dans la matinée. Il n’en fallait pas plus pour monter en express cannes, moulinets et leurres dans la perspective d’un coup du soir. Pour avoir déjà pratiqué ce lac toute une semaine, les postes me sont déjà connus et vont permettre de gagner du temps tout au long du séjour. 

groupe

Nous n’attendons plus que Benjamin, guide sur place, pour les recommandations de sécurité et la récupération des clés du bateau. A 17h, nous sommes parés et partons avec l’ami Ben’ sur un premier poste de pleine eau. La pêche est au souple pour tenter les grands brochets pélagiques.

Les échos sont présents entre 5 et 8m de profondeur mais aucune touche ne sera déclenchée. Il fallait s’en douter, la forte densité de fourrages et les changements météo ne pouvaient qu’entraîner ce résultat. Ce n’est pas en quelques dizaines de lancers qu’on appréhende ces grands poissons, pour de réelles conclusions il faut s’y pencher plusieurs jours…

Le programme est alors troqué pour une pêche aux jerks sur un haut-fond herbeux autour d’une île qui, au précédent séjour, avait permis de sortir nombre de brochet. Elle est plantée au milieu du lac sur le chenal, de nombreux poissons en mouvement s’y arrêtent et cela tombe bien le vent pousse dessus ! 

Nos deux bateaux s’ancrent pour une prospection méticuleuse, l’idée étant de se placer loin de la zone pour pêcher le large (cassure) et ensuite se rapprocher pour balayer plus précisément les abords de l’île (herbiers sur un plateau de 1.5m de prof.). Les touches sont rapides avec 7 poissons capturés en quelques dizaines de minutes. Pas de gros sujets, brochets de 50 à 70cm mais le compteur est désormais ouvert. Les poissons tapent sauvagement en sortie d’herbiers, un premier indice !

Sur la dernière heure, Ben’ nous emmènera sur un des spots qu’il a découvert dans ces précédentes prospections; un grand plateau d’herbiers planté au milieu du lac autour des grandes profondeurs. Tout simplement, un péage à brochet.

Nous y louperons quelques poissons et en rajouterons 2 moyens au bateau. Vincent et Alex réussiront à capturer de l’autre côté un joli poisson de 85cm :

1-dimanche

La soirée sera conclue autour d’une petite bière. Les cartes marines sont sur la table et un rapide débriefing permet d’expliquer le programme de la semaine avec l’indication des zones prioritaires à tester. Si la nuit porte conseil, je peux vous assurez que mes idées étaient déjà bien en place …

Lundi, le réveil sera matinal pour embarquer dès 7h sur les bateaux. Il s’agit de la 1ère vraie journée de pêche, celle où nous allons essayer de comprendre le positionnement des poissons pour la suite du séjour. Seul connaisseur du lac, j’embarque tout le monde sur un secteur qui me tient à cœur. A cet endroit, le lac se divise en un immense bras où s’alterne des baies, des criques, des roselières, des plateaux herbeux et/ou rocheux. La météo est mitigée avec quelques averses et un léger vent mais un paramètre diffère. Le lac depuis mon précédent séjour a baissé de +1m avec une position des brochets qui risque d’être différente…

Nous commençons gentiment au début du bras, notre bateau sur le plateau rocheux (dangereux avec les cailloux) et l’autre sur une roselière profonde. Pour commencer chacun pêche selon ces goûts, l’idée étant de trouver rapidement les bonnes présentations.

Sur ce premier poste, Slider et Jerkbait seront tout de suite efficaces avec 6 poissons au bateau (60 à 70cm). Les touches avaient lieu loin des roseaux sur des plats herbeux où des poissons se postaient en chasse.

Sur les criques et baies suivantes, la tendance sera validée avec des poissons postés sur des herbiers de pleine eau. Des leurres évoluant entre 0.5 et 1m sous la surface déclenchaient les touches.

Si à midi nous totalisions 9 poissons de 50 à 75cm au bateau, nous ne pouvions pas affirmer avoir trouvé la pêche. La zone du matin, vaste, n’était pas spécialement battue par le vent et nous avons appliqué uniquement une pêche d’herbiers. Pour y remédier, on remet les idées à plat et on prospecte l’après-midi de la pleine eau à la recherche de poissons décalés !

lun 1

Malgré la prise d’un très joli poisson de 90cm, la pêche n’est pas là et l’absence de vent nous fera changer de cap ; ici comme ailleurs il conditionne le succès et fait bouger les poissons.

lun 2

L’option est gagnante puisqu’en divisant les embarcations sur deux bons postes, nous multiplierons les touches sur des herbiers battus. Les poissons sont en chasse dans les trouées et nous enchaînons 10 poissons dont 2 jolis spécimens :

 

lun 5lun 3

L’équation se resserre sur 3 paramètres : plateaux, herbiers et vent !

lun 4

Pour éviter de flinguer le séjour, nous ne tarderons pas sur les zones productives. Les poissons sont localisés et seront retentés les jours suivants.

Nous finirons la soirée sur un dernier poste d’école : une pointe de roseaux où se succède une petite anse. Le courant est tout d’abord coupé par l’avancée de roseaux avec une forte manne de nourriture qui s’accumule dans l’eau « morte ». La zone parfaite où les poissons repus ou agacés par le vent viennent se reposer. La théorie passe ensuite à la pratique sur une pêche aux jerkbaits avec les 5 derniers poissons de la journée dont un gros.

lun 7 

 

Avec 25 brochets au bateau, la 1èrejournée est réussie avec un début de pêche compris. Les brochets sont placés dans des herbiers de pleine eau battue par le vent. Les roselières contiennent quelques poissons mais le gros de la troupe s’en est écarté pour profiter des courants internes au lac où la nourriture transit. L’ensemble des poissons seront touchés aux jerkbaits animés rapidement au-dessus de ces couloirs. La tendance allant pour des teintes flashs par temps couvert et naturelles par temps dégagé.

Mardi même heure et nouveau test !

Nous décidons d’aller essayer un micro lac en sortie du principal où les perches abondent dans le courant d’amené mais également les brochets. Nous y passerons la matinée.

La météo est très ventée mais ce secteur est complètement abrité, l’eau morte n’est pas à notre avantage avec des poissons inactifs. Calés dans les herbiers, nous aurons beaucoup de difficultés à faire sortir quelques brochets.

mar 1

Avec 5 poissons (sans les perches) à midi dont un joli, la pêche reste à être déterminée. Le problème est que sur le lac, le vent s’est forcit et des creux de +1m se sont formés. La navigation est dangereuse et la pêche peu évidente. Les secteurs battus sont justes impraticables pour nous.

Afin de pêcher convenablement et efficacement, nous allons rechercher toutes les zones mortes où les vagues poussent la nourriture (derrière d’île où les courants se cassent et contournent l’obstacle, baies légèrement abritées, etc.).

Comme la veille, le choix est gagnant. De nombreux brochets se sont retirés au calme et plaqués le long des roselières en digestion, nous arrivons à exciter quelques poissons encore semi-actifs.

Nous prendrons dans l’après-midi 13 poissons aux jerkbaits avec deux qui sortent du lot :

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Nous totaliserons en fin de journée 18 poissons au bateau avec des brochets qui ont totalement changé de position. Si la pêche reste inchangée, les poissons eux ont migré sur des zones d’attente. Le vent trop puissant a poussé certains individus à se retrancher au fond des herbiers denses en limite de roselières. Si les jerkbaits ont permis de les décider, les modèles flottants étaient indispensables pour pêcher « haut » sur l’herbier.

Mercredi, le vent est toujours aussi intense et nous savons pertinemment que la pêche va en être durcit. Si les postes abrités seront pêchés prioritairement, nous savons également que nous allons devoir repasser sur des zones déjà pêchées avec des poissons déjà sollicités. Bien que les brochets soient nombreux et qu’ils se renouvellent en permanence (vous pouvez en prendre 10 alors qu’il y’en 50 et le jour suivant d’autres prennent la place) ; l’idée préférable est de laisser reposer les bonnes zones pour y repasser plusieurs jours après.

Pour cela nous partons à l’autre bout du lac sur d’immenses baies peu profondes complètement abritées. Aucun courant n’y rentre, l’eau y est plus claire mais les poissons pas pour autant actifs. En insistant bien sur les zones jusqu’à rentrer dans les nénuphars au texan, nous extirperons quelques poissons de 50 à 75cm sans jamais localiser de zones rentables.

L’après-midi, nous sommes repartis sur des zones pêchées le lundi, des baies et roselières moins ventées où un courant interne les longent. L’option sera semi-gagnante avec des touches plus régulières. En revanche, s’il s’agit de zones régulièrement pêchées depuis plusieurs mois, la différence sera faite avec des leurres sans billes et notamment des swimbaits. Ce qui me vaudra d’ailleurs un très joli poisson :

mer 1

Sur le retour au chalet, nous repasserons autours d’îles aux plateaux orientés plein vent. La pêche est limite tenable mais les jerkbaits rapporteront une fois de plus de nombreuses touches de poissons calibrés entre 60 et 75cm avec un seul gros. Nous tomberons même sur une incroyable chasse de grosses perches qui venaient attaquer nos jerks !!! David réussira à en extirper 3 de +40cm notamment avec une nouveauté RAPALA dont nous aurons l’occasion de vous reparler.

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La journée se soldera avec 20 brochets au bateau.

lun 6

Après 3 journées de pêche, le bilan est très positif. Nous alternons tests et acquis avec succès, le séjour ne peut que mieux s’en poursuivre mais ça c’est au prochain article…

 

Tag(s) : #Voyage

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