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Dans nos contrées, le mois de décembre est en général synonyme de pêche des percidés. Les grandes rivières et nos nombreux lacs de barrages sont alors pris d’assauts pour des séances « verticales ». Pour autant ; l’arrivée des premiers froids et des premières gelées déclenchent également une certaine activité chez nos amis les brochets avec parfois de très belles surprises !

Malheureusement, cette espèce est loin d’être très bien représentée dans nos eaux. Les frayères sont presque inexistantes et les sites à «  potentiel » font l’objet d’efforts de pêche intense, sans aucune protection réglementaire. Autant dire que sur nos eaux ligériennes, « scorer » sur les brochets est très rare et bien souvent on se contente d’un ou deux poissons à « la maille ». Si bel et si bien qu’après avoir effectué plusieurs voyages en Suède et en France, nous avons pris un certain dégoût à le rechercher spécifiquement. Les ratios touche/poisson y sont de très loin supérieurs et donnent l’impression qu’on pêche constamment dans le vide !

Pour l’occasion de la réunion annuelle RAPALA/VMC sur les territoires de Belfort, nous avions pris nos valises pour deux jours de pêche aux brochets. Un  séjour proposé et guidé par Jean-Michel Marcon. Sur ses secteurs de pêche, les herbiers profitent de la clarté de l’eau des anciennes gravières, darses et réservoirs pour se développer de manière très importante (jusqu’à 5m de profondeur). Le type de biotope que les brochets affectionnent particulièrement.

Au niveau du matériel, les cannes sont composées d’un fagot de Crucial (CRCXE610MH, CRCE70MH, CRCCE70M et CRSE70MH) pour le brochet et de deux GLoomis de puissance M pour d’éventuelles pêches de grosses perches. Côté moulinet, STRADIC 2500 pour les spinning, Calcutta et Calais pour les castings. Tresse power Pro de 0.13 à 0.23mm avec tête de ligne en 30/100 et une terminaison en 60 ou 80%. Au niveau des leurres, des boîtes pleines de jerkbaits/swimbaits de 10 à 20cm, du souple en taille 4 à 7’’ ainsi que quelques ferrailles (ondulantes, spinnerbait...) devaient nous permettre de pallier à toutes les éventualités.

Ce n’est qu’après 2 jours à parler pêche sur les territoires de Belfort que l’eau à la bouche ; les hostilités ont pu commencer. Le samedi matin 07décembre, il est 7h quand nous décollons en direction d’un grand réservoir réputé pour ces brochets.

Jean-Michel nous explique alors que la difficulté dans ce type de milieu est de localiser les poissons puisque l’immensité et la monotonie des fonds engendrent des mouvements de poissons très importants. Ici le vent et les courants internes poussent les fourrages sur des secteurs du lac où les carnassiers se retrouvent en masse et on parle de banc de brochets. Des poissons souvent calibrés aux mêmes dimensions qui s’accumulent dans des baies ou des grands plateaux herbeux ! Rien qu’à cette idée, l’approche nous plaît. 

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La complexité de la tâche est alors de trouver ces zones et d’ensuite pouvoir décider les brochets. Une tâche d’autant plus délicate que les lieux sont immenses, que nous sommes en float-tube (limités en déplacement) et que radio pêche annonce des conditions très difficiles ! A la mise à l’eau nous serons tout de suite mis au parfum, l’eau est à 5.3°C et nous sommes les seuls pêcheurs sur le lac, ça s’annonce mal !

Pour autant, nous chaussons les palmes et commençons la prospection sur un immense plateau. Afin d’être rapidement efficace, nous débutons sur des techniques et leurres différents en variant également sur les colonnes d’eaux prospectés (un dans 4/6m, le second dans 6/8m et le 3ème dans 8/12m). Jean-Michel pense que l’on trouvera les brochets autour des 5/6m et il a bien raison puisque les herbiers descendent jusqu’à ces profondeurs. La première dérive conforte les hypothèses, les brochets semblent être calés juste en retrait entre 5 et 8m.

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Nous prendrons un bon nombre de touches furtives et sanctionnerons 8 ou 9 poissons calibrés entre 55 et 75cm ; des brochets ferrés sur des présentations lentes de shad en linéaire (taille 5 à 7’’). La pêche consistait à présenter lentement le leurre juste au-dessus des herbiers (leurre décollé entre 0.5 et 1.5m du fond) avec des animations douces et planantes. Les touches intervenaient souvent lors du relâché à la descente du leurre souple.

Pour éliminer l’ensemble des hypothèses, nous continuerons notre prospection sur une entrée de baie située sur l’autre rive du lac. L’objectif étant de trouver une concentration de poissons calibrés à la taille supérieure. La traversée sera longue et nous pêcherons dans des profondeurs allant jusqu’à 15m. Dans ces profondeurs, quelques poissons seront touchés sur des gros leurres souples animés lentement (brochets de 50/70cm). A notre arrivée, la baie se retrouvera malheureusement déserte et nous n’y verrons que l’espace de quelques instants un gros banc de poissons fourrages en mouvement. Une manne de nourritures que nous n’arriverons pas à suivre ! Quelques touches seront loupées, Jean-Michel sur des animations très rapides aux jerkbaits décidera deux brochets de + ou – 60cm alors qu’au shad, David séduira en verticale un écho isolé : verdict à 85cm !

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Nous décidons alors de poursuivre sur un plateau menant à une seconde baie. Nous y trouverons le même scénario avec une profondeur plus faible (2/4m). L’heure tourne, les touches sont inexistantes. Nous finirons la journée sur  la zone repérée du matin. Le pari est quitte ou double puisque les poissons ont pu se déplacer ou faire place à une fenêtre d’activité close.

L’échosondeur est alors un allié précieux puisque le GPS permet de refaire à quelques mètres près la même dérive. Quand les fonds sont en pente douce et qu’on pêche à 300m des berges, c’est utile ! Heureusement, les poissons seront toujours présents et dès les premiers mètres de dérives, des brochets se laisseront leurrer. Il s’agit une nouvelle fois de poissons calibrés entre 55 et 75cm, les touches sont nombreuses, les prises s’enchainent et la journée se soldera par un tardif 90cm ; première journée entièrement réussie ! 

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Le lendemain, nous reprenons la route pour une manifestation organisée par le club Carna 95(20aine de pêcheurs) sur une gravière parisienne (70ha) où les brochets sont légions. Ici aussi la population est conséquente mais les poissons ne sont pas tout le temps joueurs. En confirme la dernière manifestation où très peu de poissons avaient été capturés sur le nombre de pêcheurs. Cela dit au vu de la pêche de la veille, nous restions très confiants sur l’activité des brochets.

Avec Jean-Michel et David, nous avions décidé de peigner les herbiers de pleine eau (3 à 4m de fond pour 2.5 à 3m d’herbiers). La température de l’eau s’affichait à 6.3°C et dans ces conditions, la difficulté est de réussir à faire monter les brochets calés sous les monticules d’algues !

Les premières présentations vont pour du bigbait en sub-surface : de la bille pour agacer. Un poisson de 70cm viendra rapidement s’y ferrer mais il sera le seul. David changera alors pour une option du souple animé plus lentement sur les trouées et cassures. Il y ferre successivement deux poissons : est-ce vraiment la pêche ?

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Pour mieux le savoir, nous basculons comme la veille sur du leurre souple présenté en lisière des herbiers. La partie la plus délicate étant de ne pas les toucher sous peine de ramasser de l’algue et de rendre le montage non pêchant. Les résultats se font malheureusement attendre jusqu’à l’approche d’une zone à gros brochet.

Ici le plateau d’herbiers casse subitement de 3 à 6m de profondeur. Dans la partie la moins profonde on retrouve un mur d’herbes et devant une eau libre où les poissons circulent. Seule une petite couche de 0.50m d’herbiers y tapisse le fond. Une zone rêvée à gros poisson. Après quelques lancers légèrement décollés (4/5m de profondeur), je prends une 1ère grosse frappe : 80cm !

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Quelques minutes plus tard, Jean-Michel récidive en ferrant également un poisson correct. Lors du combat, je me fais à mon tour coffrer le leurre souple par un poisson similaire : doublé de brochets de 85cm !

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La zone est productive, nous tournons sur 3000m² et multiplions les touches. Il s’agit uniquement de poissons calibrés entre 70 et 85cm. La fenêtre d’activité ne durera malheureusement qu’une petite demi-heure. Les touches se sont rapidement estomper, la zone est « morte ».

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Fort de cette analyse (configuration du poste, profondeur, etc..), toute la fin de la matinée sera vouée à rechercher des brochets sur d’autres cassures similaires, en vain. Les poissons semblent avoir eu un moment de frénésie sur l’ensemble du plan d’eau avant de laisser place à une apathie totale. Nous multiplierons les dérives dans l’espoir de retrouver quelques poissons qui sortent des herbiers pour aller en pleine eau (et vice versa) mais rien n’y fera.

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Hors mis quelques poissons solitaires (70 à 90cm) postés à l’affût, nous ne retrouverons pas l’effet de masse et d’euphorie collective. A 13h, il est malheureusement temps de sortir de l’eau pour manger tous ensemble et libérer le site. Un goût d’inachevé reste dans nos gorges avec un sentiment qu’il y’avait surement mieux à faire ! Les brochets montaient en « banc » chasser en pleine eau dans les plus grandes cassures d’herbiers mais après ? Que ce soit sur des présentations volumineuses ou plus fines, avec ou sans billes, sur nage lente ou agressive, nous ne trouverons pas la solution !

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Cela dit, nous n’avons pas à nous plaindre puisqu’entre 8 et 13h, nous totaliserons à 3 autour de 20 poissons d’une moyenne de 80cm (max à 85/90cm) ; ça c’est de la moyenne ! Mais comme toutes les choses ont une fin ainsi s’achèvera ce « micro séjour ». Deux sessions où nous avons pu prendre plaisir à pêcher une espèce que nous ne recherchons plus beaucoup par chez nous. Le retour à la réalité risque maintenant d’être difficile !

En attendant de nouvelles aventures, un grand remerciement à Jean-Michel pour son accueil et ce guidage. Tu as les brochets, on a les sandres...

Tag(s) : #Session

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