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L’observation… voilà bien un détail souvent oublié.

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Regarder avant de pêcher...

 

La technologie, les leurres, les innovations sont désormais nos quotidiens et ont inévitablement fait évoluer la pêche. Au point que nous en sommes devenus aveugles, à en oublier les fondamentaux. Combien somme-nous à arriver au bord de l’eau, à s’installer, déballer le matériel et à foncer tête baissée ?

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Où lancer ?

 

La pêche est comme la chasse, une traque, une recherche permanente où le pêcheur se doit d’être curieux. Si ce qui se passe sous la surface peut-être interprété avec les sondeurs, ce monde quoi qu’il arrive nous restera toujours inconnu. Comment pêcher ? Où pêcher ? Comment fait-on sans sondeur ?

 

Avec l’attache de ces nouvelles pratiques, le pêcheur ne prend plus le temps d’observer et veut avant tout pêcher. De l’autre côté du miroir, la vie s’organise parfois à quelques pas comme à plusieurs centaines de mètres. Des indices qui pourtant passent souvent inaperçus. Les mêmes qui - dans un ancien temps (encore proche) -  guidaient nos pères à pêcher là-bas et non ici. Des signes qui dictent les oiseaux piscivores à plonger et à s’alimenter sur un secteur plus qu’un autre.

 

Mais comment font-ils ? Ils observent !

 

Certains pourraient appeler cela « le sens de l’eau » et si des personnes pensent qu’il s’agit d’un don, il n’est pourtant pas le fruit du hasard. La lecture des berges, du courant, des vents mais également l’écoute des bruits sont des éléments qui s’apprennent. Aucune sorcellerie là-dedans et je vous assure qu’il n’y a également nulle besoin d’être marabouté pour y arriver. Avec un peu d’entraînements, des choses qui pouvaient paraître peu évidentes deviendront des indices immanquables.

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Un gros mouvement des nénuphars peut trahir la présence d'une carpe ou d'un brochet...

 

Pour l’avoir déjà cité, le plus évident est la présence d’oiseaux piscivores. Hors mis les chasses de mouettes qui témoignent d’une abondance, les pêcheurs n’y prêtent désormais plus attention. Sauf qu’à la différence des êtres humains, les oiseaux pêchent pour vivre et s’alimenter. Eux ont cette chance de plonger et évoluer sous la surface, de voir ce qui s’y passe ! Pourquoi donc ne pas les utiliser, si la technologie nous a fourni l’outillage (leurre, canne…), la nature elle nous propose ses yeux… Attention à ne pas lire non plus entre les lignes et à interpréter la présence d’un cormoran comme la présence « inévitable » de poisson ! En revanche, en attendant parfois quelques dizaines de minutes (qui peuvent sauver une pêche) on peut s’en assurer. Un oiseau qui navigue est souvent synonyme d’une recherche, nulle besoin alors de lancer systématiquement où il plonge mais par contre, le suivre du regard peut être précieux. Une fois qu’il a trouvé pitance sur un secteur, il assiège la zone pour se nourrir. Un cormoran qui parcourt des linéaires entiers pour stagner subitement et dans la durée sur une zone, signifie bien qu’il y’a une raison.

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Le matin... absence de bruit, oreille alerte et observation de la surface d'huile qui peut trahir la présence de poissons...

 

Mais comment faire sans oiseau ? Là on rentre dans le sujet de devinette, pourquoi ce poste paraît meilleur qu’un autre ? Pourquoi je vais lancer à tel endroit ou changer de leurre subitement ? Sur l’eau, des signes peuvent éclater au cours d’une partie de pêche et c’est à nous de les interpréter.

 

Cela peut être en surface et visuel. Des sauts ou des gobages à répétition peuvent indiquer des éclosions (pour les moucheurs cela va déterminer la profondeur de pêche et la forme de mouche) où pour nous leurriste une zone de concentration de fourrages et en conséquence de carnassiers.  Des chasses régulières peuvent orienter le pêcheur sur l’utilisation d’une taille de leurre en particulier, la plus représentative des proies chassées. Pourquoi insister avec des leurres de 3cm si un brochet attaque à plusieurs reprises un banc de rotengle d’une main ou alors avec des gros leurres si ce même brochet se rue sur des nuées de poissonnets.

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Proies évidentes

 

Des indices que l’on peut également retrouver sur une capture avec des poissons régurgités qui peuvent indiquer l’espèce ciblée : perchette par exemple. Elle peut également donner le comportement du moment ; prendre un poisson plein de parasites (sangsues, etc…) peut parfois permettre d’arriver à la conclusion de poissons inactifs et/ou calés dans les obstacles (arbres, herbiers…).  

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Sangsues qui traduisent la présence de ce sandre près du fond ou du substrat

 

Evident oui mais pas tout le temps pris en considération…

 

Mais je dois dire que la partie la plus difficile, notamment pour les pêcheurs débutants, reste la lecture de l’eau. Savoir déchiffrer dans le courant où la surface s’emmêle et se démêle la présence d’un obstacle, d’une rupture sur le fond… ceci ne s’apprend pas en une seule sortie. Alors que cela peut permettre de localiser les postes éventuels d’alimentation ou de repos et idéalement la stratégie de pêche. En lançant là, mon leurre va être emporté à tel endroit pour pêcher telle zone…

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L'art de lire les bonnes veines d'eaux...

 

Pareillement, la bordure en elle-même peut traduire les fonds par sa déclivité ou son substrat : rocheux, vaseux, cassures… et ainsi orienter le pêcheur sur un poste en particulier plus qu’un autre et parfois même la technique.  

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Autant d’exemples que le pêcheur rencontre au quotidien sans parfois s’y fier alors qu’un regard suffit. Ce même regard qui peut localiser un poisson suite à un déplacement d’eau discret : un sillon trahira le mouvement d’un black-bass en maraude alors qu’un léger remous sous un arbre dénoncera un brochet aux aguets.

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L'oeil aguerrit sera tout de suite avertit de la présence de ces deux gros black-bass

Une vision qui vérifiera peut-être la présence importante de têtards en bordure et donc d’une hypothétique solution de pêche… où à l'inverse de nombreuses coquilles d'écrevisses synonyme de la période de "mue" et d'un gavage sur ces proies devenues facile... On ne le dira jamais assez, toujours regarder à ces pieds avant de pêcher !

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Il aurait été dommage de passer trop vite près de ce broc..... mesuré ensuite à 89!!

 

Tout cela pour dire que la pêche se fait également avec les éléments extérieurs et pour reprendre l’unique exemple du sondeur ; si son utilisation peut et permet de prendre du poisson, si on le couple à de l’observation, ce même sondeur ne peut servir qu’à confirmer un ressentit et à valider une stratégie. Pour autant beaucoup de pêcheurs se jettent à l’eau sans même regarder ce qui se passe autour d’eux. Ils prennent le risque de faire fuir un brochet posté en bordure (faute de l’avoir entraperçu ou deviné), de ne pas localiser une zone potentielle, une concentration évidente de poissons ou de passer à côté d'une pêche toute dessinée.

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Un banc de chevesnes, un buisson et des raisins... la solution était évidente; n'est-ce pas dédé ?

 

Aujourd’hui nous sommes en fermeture, pour moi il s’agit d’une occasion de me promener sur les bords de nos rivières, étangs et d’observer, m’asseoir voir même d'approcher des bordures sans bruits avec parfois des rencontres où le pêcheur n’est plus prédateur mais contemplateur…

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Tag(s) : #Conseil

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