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A l’heure de l’ouverture de la truite, avec les amis Alain et André, nous avons roulé vers une toute autre destination : l’Espagne !

Autant vous assurer qu’après quelques semaines de « tempêtes », soleil et pêche ne pouvaient que nous requinquer. Loin des foules et de l’euphorie de l’ouverture des 1ères catégories, nous avons pu pêcher le black-bass !

Pour cette première expérience Espagnole, nous avions misé sur une prospection uniquement depuis la bordure sur des sites praticables. Pour cela, notre ami Dédé a bien facilité le boulot. Depuis quelques mois, il est régulièrement descendu au Sud de la France et a ainsi pu pratiquer et repérer le potentiel des eaux catalanes et notamment celui d’un lac.

7 à 8h de route nous séparait des terres promises, des heures bercées par les histoires de pêche. Ce n’est que vendredi en milieu d’après-midi, que nous primes connaissances des lieux… époustouflant !

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Niché dans les montagnes, le lac offre des eaux d’une clarté exceptionnelle. Une visibilité sous plusieurs mètres de profondeurs où roseaux, élodées et autres herbiers prolifèrent sur les bordures. La profondeur maximale est de 74m avec une moitié de lac en plateau (on voit le fond jusqu’à 50/100m du bord) et une autre moitié où des cassures importantes sont présentes dès la bordure (jusqu’à 5 ou 6m au pied des roseaux !).

Malheureusement, la pêche est interdite depuis l’eau et ne se pratique que depuis la berge. Des linéaires entiers sont en réserve et d’autres sont impraticables par la végétation. Quelques pontons et quais permettent la pêche et pour les plus téméraires, des avancées en waders sont envisageables. Cela dit la prudence est de mise, puisque les roseaux sont denses et l’enchevêtrement des racines surplombent la surface du lac avec parfois 2 à 5m de profondeur !

Niveau pêche, je pense que peu de pêcheurs pourraient rester indifférents par la nature du site et le potentiel qui en ressort. Pour autant, il ne suffit pas de lancer un leurre dans l’eau pour capturer des black-bass et notre séjour a été très laborieux pour comprendre la pêche.

Dès notre arrivée vendredi soir, nous avons tâté le terrain sur les dernières heures de la journée. Nous avions sélectionné une petite portion du lac où tout laissait penser à la présence de nos amis « achigans ». Comme des enfants, nous posions nos jigs, créatures et autres leurres en lisière des herbiers et racines de bordures (de vrais labyrinthes aquatiques) dans des profondeurs de 0.5 à 2m. Pour autant aucun poisson en visuel ni d’attaque éclair ne viendront récompenser nos efforts !

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Dédé, dans une trouée de roseaux, tente alors un wackie plombé dans 5/6m de profondeur et sur des animations minimalistes ferre le 1er black-bass du séjour. Je le rejoins dans sa pêche et tente un petit shad 3’’ sur TP 3.5gr dans les mêmes profondeurs où je ferre deux petits black-bass, loupe un plus joli et fait suivre plusieurs autres poissons alors qu’Alain capture également son poisson.

Nous venions sans le savoir (à ce moment-là) de comprendre la pêche avec ces 4 «petits poissons » en 30mn de temps à la tombée du jour !

Fort de la veille, le samedi nous étions confiants pour la suite de notre séjour. Malgré cela à 14h30 après avoir multiplié les postes de bordures, aucun poisson n’était venu nous rendre visite… Aucun suivi, aucun visuel, aucune attaque, le néant… Le plus étonnant encore était que dans ces eaux translucides, nous ne voyons aucun poisson malgré des températures de 20°C ! Un lac vide…

Hors mis des gambusies en bordures planqués loin derrière les roseaux (dans les marécages) et une ou deux carpes, nous avions l’impression de pêcher dans des eaux inoccupées. Allongés sur un ponton, les esprits dans la réflexion, nous cherchions la pêche…

J’ai alors repris une prospection lente en profondeur à l’aide de petits shads plombés très légèrement, un changement qui me vaudra aussitôt un joli poisson de + ou – 45cm.

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Premier constat, les poissons semblent loin des bordures et calés en profondeur mais ce qui est surtout important à souligner c’est que l’absence de poissons blancs laisse à penser que les black-bass se nourrissent exclusivement de gambusies et d’autres black-bass… (Hypothèse validée par la suite)

Nous avons alors radicalement changé de pêche pour éliminer les pêches de bordures et grands plateaux pour des pêches profondes. La raison étant toute simple, nous sommes trop tôt dans la saison et les poissons n’y sont pas encore montés. Malgré la chaleur, les eaux sont encore froides avec des black-bass situés dans des profondeurs de 5 à 8m (et +). Quelques herbiers y tapissent les fonds et les poissons y sont installés.

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Notre gros problème a alors été d’atteindre ces profondeurs depuis la bordure et surtout de pêcher sur les bancs de black-bass ! Limités, nous avons sélectionné plusieurs secteurs où nous tournions dans la journée en insistant sur quelques postes clés plusieurs heures. Notamment une entrée de baie où la cassure était très proche du bord (3/4m au pied des herbiers) avec 6/8m de profondeur à porter de lancer. Les black-bass (suppositions au vu des résultats) devaient y tourner dans la journée et à force de lancer et d’insister, on finissait par tomber sur quelques poissons en mouvement.

Autre point important, la clarté de l’eau et l’activité des black-bass. Poissons d’eaux chaudes, nos amis nous auront fait douter jusqu’au bout avec une activité nulle du matin jusqu’en milieu d’après-midi (créneau où nous avons capturé quelques rares poissons). Il fallait attendre le milieu d’après-midi jusqu’à la tombée de la nuit pour multiplier les touches. La baisse de luminosité associée à un réchauffement constant de l’eau dans la journée poussaient quelques poissons à monter en chasse et à tourner sur les postes (toujours dans des profondeurs importantes- minimum 4m).

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Il ne s’agit là bien évidemment que d’hypothèses, pratiquant que depuis la bordure, nous ne pouvons que supposer que les poissons étaient présents en journée sur ces postes mais ou (autre hypothèse) qu’ils stationnaient très profondément (10m et +) pour monter dans ces profondeurs qu’en soirée…

Une fois l’ensemble de ces paramètres compris, on a enfin pu multiplier les prises avec une 20aine de poissons et une moyenne entre 40 et 47cm. Les pêches lentes sur des petits shads 3’’ aux teintes très foncées (style bassounet ou gambusie) et aux jigs à gratter lentement dans les cassures nous aurons rapporté l’essentiel de nos black-bass.

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Les cranckbaits (du type Dive to) ne descendaient pas assez profondément pour atteindre les poissons et ne permettaient pas de pêcher assez lentement sur les herbiers. En revanche, l’attractant Trigger X notamment sur les Flappin’craw montées sur jigs auront fait le travail !

Dans l’absolu, je ne doute pas que des gros swimbaits ou shads 5 ou 6’’ (dans le but d’imiter un petit bass) auraient pu décider des gros poissons (on a vu passer et suivre des engins de +60cm !). Malheureusement nous n’en avions pas en notre possession !

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En conclusion, même si en terme de pêche de black-bass « classique » et « usuelle », on ne s’est pas régalé (pêches à vue, skipping dans les frondaisons, frogs dans les herbiers…), techniquement, le séjour a été très enrichissant. Comprendre et analyser pour leurrer ces poissons a été une très bonne expérience. Bien que nous n’avions pas toutes les clés en main pour faire une meilleure pêche sur nos 3 jours, je reste persuadé qu’en restant figé sur nos pêches « habituelles »  la pêche aurait été catastrophique.

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La prochaine fois nous serons à quoi nous en tenir et certains oublis dans les boîtes n’auront pas lieu d’être... affaire à suivre !

Tag(s) : #Voyage

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