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    Jeudi au petit matin, nos yeux ont des difficultés à filtrer la lumière du jour. Après plusieurs journées de pêche non-stop de 7 à 21h, la fatigue se fait ressentir. 

Le vent a pris de la force et la surface du lac est balayée. Après l’exploit de la veille et un nombre important de loupés et décrochés, l’enthousiasme des pêcheurs reprend rapidement le dessus et l’unique mot à la bouche est : « pêcher ».

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Sur cette journée nous décidons de pêcher en plusieurs temps avec en premier lieu la découverte d’un nouveau secteur. Il s’agit d’un long linéaire de falaises profondes (8/15m) où de nombreux brochets rodent dans les boules de blancs. Une pêche de pleine eau, souvent peu productive mais qui peut rapporter gros. Ces falaises s’interrompent ensuite dans une grande baie rocheuse peu profonde (2m de profondeur à 300m du bord) avec quelques herbiers de bordures (roseaux, potamots et nénuphars). L’idée va alors pour une prospection de pleine eau à l’aide de gros shads sur les tombants et une pêche aux jerkbaits sur les hauts fonds. 

A deux bateaux, nous jouons sur les dérives et les approches pour trouver la pêche. Les gros brochets sont nombreux aux sondeurs et tapent dans les boules d’éperlans et corégones. Nos présentations ne donnent rien et se sera sur un haut-fond autour d’une île que les compteurs s’ouvriront sur des petits poissons. Dans une alternance de pointes rocheuses et de roselières, nous reprendrons également quelques brochets moyens avant d’arriver dans la grande baie ! 

La zone est battue par le vent et les poissons peuvent être partout. Nous décidons de peigner large et de commencer loin des bordures où des poissons peuvent se tenir dans 1.5 à 2m de fond. Nous y prendrons quelques tapes mais rien de probant ! Ce qui est d’ailleurs très surprenant au vu de la disposition du secteur, les brochets sont obligatoirement présents !

Les grosses boules d’éperlans toutes proches me laissent alors supposer qu’ils puissent être ciblés sur des petites proies. Je passe alors sur du linéaire au shad en taille 4’’ et décroche un 1er poisson puis en prends 2 moyens. Aucun miracle mais je reste persuadé qu’il y’a la possibilité de ferrer un gros brochet ainsi. A force de persévérance et en avançant dans la baie, je finis par être attelé à une grosse masse. Le poisson est lourd, les coups de tête sont lents et puissants, j’annonce gros poisson et réclame l’épuisette mais je ne peux rien faire. Le brochet part sur le côté et malgré la forte pression que j’exerce, il finira par se décrocher dans les nénuphars ! Aïe !!!! 

Nous insisterons sur la zone et reprendrons quelques poissons moyens aux jerks à contrario de quelques 80+ pour Jean-Michel et Michel. En milieu de matinée, nous changeons de cap pour un passage sur les postes si productifs de la veille. Les poissons sont toujours là mais boudeurs sur nos jerkbaits (hors mis quelques poissons calibrés entre 60/75cm). Je frappe alors une nouvelle fois à l’aide de mon shad 4’’. La touche est sans appel, je ferre un nouveau beau poisson et exerce une forte pression au combat pour éviter un retour dans les herbiers.

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Le brochet n’est pas aussi long qu’escompté mais tout en masse, il s’agit là d’un futur géant ! 

Les postes suivants seront similaires en résultat, quelques poissons ici et là mais après 3jours à les balayer, les suivis sont nombreux. Seul Jean-Michel sortira le grand jeu avec un presque métré : 97cm !

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Avec 12 poissons au bateau à midi, les discussions vont pour un changement de stratégie et le test d’une nouvelle zone : une série de baies non exploitées. A la reprise, notre premier ancrage sera le bon puisque nous totaliserons une 12aine de touches sur 500m² pour 6 poissons en quelques dizaines de minutes. Le vent poussait à l’entrée des herbiers créant ainsi un courant interne au lac (dessiné par de l’écume en surface). Les brochets avaient le nez dedans ! 

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Le reste de l’après-midi sera plus calme avec quelques poissons et la décroche d’un poisson très lourd après seulement quelques secondes de combat pour Walter, décidemment ! Un grand nombre de touches loupées, décrochées et de refus au bateau pousseront Walter et moi à réarmer nos leurres de triples avec ardillons sur la tête de nos leurres. 

Il faudra ensuite attendre la dernière heure de pêche pour enchaîner les brochets sur une île perdue au milieu du lac. Les brochets en transit en pleine eau viennent temporairement s’y installer. Tel un péage, sur une cassure de 2 à 5m menant aux grandes profondeurs, nous enchaînerons plusieurs poissons aux jerkbaits pour conclure à 24 brochets ! 

La luminosité baisse, il est temps de rentrer et d’immortaliser ce petit instant de solitude et de plénitude avant d’entamer notre dernière journée de pêche.

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Puisque toutes les choses ont une fin, vendredi nous décollons sur l’eau une heure plus tôt. En effet pour ce dernier jour de pêche (déjà), nous souhaitons tous en profiter ! Malencontreusement le temps a radicalement changé, le lac se confond avec la brume et aucune ride n’est visible en surface : la pêche est annoncée difficile surtout après plusieurs jours de fortes activités carnassières avec des chances de retrouver des brochets gavés et inactifs…

Afin d’y remédier, nous décidons d’aller découvrir encore plus loin au sud sur une immense surface de lac de faible profondeur. Les herbiers y sont omniprésents, tout est là pour tenir des brochets en nombre. Nos lancers se multiplient mais les prédateurs semblent absents ou tout du moins inactifs ! Nous en ferons bouger quelques-uns pour un seul monté au bateau. Le pattern n’est plus le même, il faut qu’on trouve la pêche.

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Triste à dire mais il aurait fallu y aller sur les journées précédentes où les vents poussaient dans cette direction. Nous décidons alors de faire demi-tour et de rejoindre une grande île posée dans les profondeurs. Des roseaux se sont développés en bordure et la proximité des grands fonds semblent prometteurs.

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Que ce soit sur l’île ou sur les bordures de baies toutes proches, nous prendrons quelques poissons corrects (tous au-dessus des 70+) aux jerkbaits et leurre souple. Hors mis l’éclatement de nombreuses chasses sur une pointe d’île et la disparition au passage de quelques canetons dans les roseaux, l’activité est nulle ! Au point qu’à midi (par un lac toujours sans ride), les résultats nous ont poussés à partir pêcher en verticale le sandre.

Un tombant de 5 à 20m de profondeur en périphérie de falaises et d’îles en fera les frais. Nous y multiplierons les touches : sandres (loupés), belles perches et brochets mais il nous manque quelque chose : un grand brochet!

Alors qu’il reste un gros 1/4h d’heure avant la fin de la journée, dans un commun accord avec Walter, nous décidons de jouer nos dernières cartes. Nous laissons Jean-Michel et Michel sur le cassant rocheux et mettons les pleins gaz en direction d’une baie. Cette dernière nous avait rapporté une 12aine de touches loupées au début du séjour, il fallait qu’on y décapote ! Nos espoirs sont grands ! Je loupe un premier poisson au bateau, Walter m’imite jusqu’à m’annoncer poisson ! Cela semble gros, l’épuisette est aussitôt mise à l’eau prête à envelopper le poisson. Ce dernier est gros et même très gros, le mètre est passé mais la vue de l’épuisette lui déplaît. Un ultime rush dans les herbiers sera fatal, décroché !!! Nos regards se croisent, le hold-up est loupé !!! Pleins d’espérances, nous continuons la dérive et reprenons quelques tapes.

Je prends alors sur un de mes derniers lancers un petit toc insignifiant où je sais le poisson derrière. A 2m du bateau, j’écarte mon leurre pour une pause. Un gouffre surgit des abysses pour coffrer le leurre. L’image est au ralentit dans ma tête, j’arme mon ferrage et ne prends pas le temps d’attendre la secousse pour envoyer la patate. Inévitablement je retire le leurre de la gueule de ce gros brochet en le ferrant du bout du bec par un des triples, décroché aussi sec !

La frustration est palpable dans l’air, le moteur thermique est remis en marche. Dans un grand silence nous quittons la baie pour rejoindre la mise à l’eau, nous venons de vivre le « quart d’heure de la mort ». Le fameux créneau qu’il n’aurait jamais fallu tenter et où ; tous les remords surgissent ! Désormais cela restera dans nos esprits !

Le coup de sifflet final a sonné, le séjour est désormais terminé. Tout est passé si vite que le retour nous paraît interminable.

A 8 pêcheurs, les compteurs du séjour afficheront environ 300 brochets. Pour nous, ce seront 106 brochets de comptabiliser mais cela aurait pu être encore plus exceptionnel sans le craquage des deux premiers jours. Le score pouvait facilement être doublé !

Qu’importe, nous avons passé un excellent séjour en très bonne compagnie avec des moments de pêches inoubliables ! Une partie de moi est de nouveau restée là-bas, ma revanche est déjà prise pour cet été !

En attendant, je ne saurais que vous recommander de vous y rendre. Après plusieurs voyages chez Sweden Predator Fishing, je peux vous assurer que la prestation reste toujours aussi professionnelle que chaleureuse. Alain Cavard (et ces guides) sont toujours de très bons conseils et feront le nécessaire pour vous guider dans vos approches, les lacs ils les connaissent et la pêche aux jerkbaits en est une spécialité locale.

Ce nouveau voyage aura une nouvelle fois permis de comprendre des animations et pratiques insoupçonnées. Encore de grands moments de pêche en tête… application en France d’ici peu !!!

Tag(s) : #Voyage

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