Tout est dans le titre. Que cela soit du point de vue pêche que du point de vue des poissons, on est dans une spirale déroutante où le pêcheur est soit gagnant soit perdant.
Côté sandre, je suis du côté perdant avec un constat sans appel. Les sandres d'une taille honorable - au moins 60cm - sont en off. Pourtant croyez-moi que nous y avons cru mi-septembre lorsque nous avons enchaîné les contacts de beaux poissons. Au retour de cette excursion, dans la voiture, je me rappelle avoir dit: "enfin la saison est lancée".
Qu'avais-je dit là ? Depuis... les sandres se sont multipliés mais les tailles moyennes sont restées celles d'auparavant ! Où sont-ils passés ?
Depuis un mois que je suis en recherche active, je ne peux me fier aux résultats des précédentes sorties. Où nous avions multiplié les touches sur un poste précis, 8 jours plus tard le poste était vide. A ce jeu, nous nous sommes fait avoir à deux reprises. Session après session, il a fallu naviguer pour retrouver des postes productifs où les poissons s'enchaînent. Les sandres ont actuellement la bougeotte et on est forcé de balayer large pour les localiser.
En revanche une fois trouvé, ils croquent.
Essentiellement des poissons de 40 à 50cm capturés en verticale sur des leurres souples en 4". Il y'a bien eu quelques lourdeurs et poissons plus sérieux décrochés mais il ne s'agissait pas non plus de monstres.
La stratégie actuelle est vraiment dans la mobilité puis le ponçage d'un poste avant qu'ils ne décident de se barrer. Les conditions météo un peu "batarde" doivent y être pour beaucoup, les poissons ne savent plus où se mettre !
La saison commence à sérieusement être longue... il va falloir que la pluie arrive avec des sérieuses précipitations. Si elle ne fera que du bien niveau pêche, elle sera également vitale pour l'ensemble des rivières qui sont actuellement dans un bien triste état. L'eau est la vie, sans elle 2018 s'annonce déjà critique...
Du côté des brochets, je suis du côté gagnant.
Maintenant que les eaux se sont refroidies à des températures plus adaptées à cette espèce, ils croquent partout. Que cela soit en rivière, en étang ou en lac, tout autour de moi il s'en prend avec parfois des journées à score. Dans ces conditions, il ne faut pas être têtu et pêcher l'espèce du moment !
Automatiquement, les individus de taille moyenne sont ceux que l'on retrouve le plus. Il est intéressant d'ailleurs de constater l'incroyable densité de sujets entre 50 et 60cm sur certains secteurs. Je le dis déjà depuis plusieurs années mais l'espèce revient vraiment en force.
Aujourd'hui, rares sont les sorties où aucun bec n'est touché et si les pêcheurs, la pollution et j'en passe ne viennent pas casser cette population grandissante, un bel avenir s'annonce.
Côté pêche, ils prennent presque à tout mais pour réaliser les plus belles pêches il faut parfois avoir le "bon leurre". Ce qui est d'autant plus vrai pour les gros sujets. S'il est parfois difficile de s'arrêter lorsqu'on multiplie les touches, dans la traque des "gros" il faut savoir mettre de côté le rendement pour miser sur une et unique touche.
La stratégie peut alors se porter sur l'utilisation de leurres plus conséquents ou sur le choix d'un poste. Côté leurre, soyons-honnêtes, la taille n'a jamais freiné un petit ou moyen sujet d'attaquer. En revanche, le volume d'eau déplacé étant plus important, on peut plus facilement faire bouger un vrai poisson. Côté poste, je ne dévoile rien de nouveau ici, il y'a des postes à rendement et des postes adaptés à la tenue d'un géant. Sur le premier, le pêcheur s'amuse avec parfois la chance de voir passer au travers un gros poisson, sur le 2ème, les touches sont moins nombreuses et pas uniquement le fruit de gros individus mais on sait que ça peut rentrer.
Dernièrement sur une virée "bec", j'ai pris quelques poissons de 70/75cm sur un poste où ils sont très régulièrement postés. Si cela m'a permis de multiplier les contacts, la soif du métré étant là, j'ai basculé sur un secteur où je sais que "potentiellement" il peut y avoir "La touche".
Mon choix s'est porté sur une bordure battue par le vent où par le passé des gros poissons ont déjà été touchés. Je pratique dans le vent à la bille au bigbait, la profondeur n'est ici pas très importante et à plusieurs reprises je ricoche sur les rochers qui composent cette bordure. C'est alors que je ressens un léger contact avec une petite anomalie. La touche est subtile mais si autrefois j'ai pu me faire avoir, aujourd'hui la sanction est immédiate. Le poisson est venu me ramasser le leurre à la même vitesse que ma récupération, au ferrage je suis ancré dans un mur. Aucun doute, il s'agit d'un beau poisson et les premiers coups de tête me fond immédiatement desserrer le frein, c'est gros !
Pour autant le combat va commencer sans folie ! Le poisson est lourd mais je suis incapable de l'estimer. Tout va même trop vite, en quelques secondes le poisson se retrouve à proximité du float-tube, monte droit comme un bâton et reste sagement immobile avec le leurre en travers la gueule. Trop facile, il y'a plus qu'à le tirer et le glisser dans l'épuisette, beh voyons...
Sauf que maman n'a encore rien donné, à 30cm des mailles je déclenche sa colère. Le brochet se retourne violemment et m'arrose copieusement en m'emportant une dizaine de mètres de tresse. Le ton est donné et je n'ai plus aucun doute, il est métré et largement. Les hameçons semblent solidement ancrés dans la mâchoire, il y'a plus qu'à gérer et ne pas faire d'erreur. Le poisson tourne rush après rush autour de moi et passe à plusieurs reprises rageusement sous le float. La Shimano Crucial fait le boulot, je libère juste ce qu'il faut en tresse pour contenir toute la puissance de la bête. Maman remonte alors droit devant moi, cette fois-ci ma belle tu vas aller droit au fond du filet. En un tour de passepasse elle y glisse vaincu.
Un superbe poisson loin et gras, le mètre est largement passé. Chose très importante, avant toute manipulation, j'aime retirer proprement le leurre. Cela évite bien des accidents avec les hameçons. Deuxième point, sauf quand cela est impossible, j'aime accoster sur la bordure en maintenant le poisson en repos dans l'épuisette. Cela me permet de préparer la réglette, d'enlever les palmes, etc... On perd un peu de temps mais on préserve le poisson, les manipulations sont ensuite faites au-dessus de l'eau dans des faibles profondeurs. En cas de chute, il ne tombe pas ainsi sur le sol et cela permet également d'écourter les moments à l'air libre pour les photos. En le maintenant par la queue, on le laisse dans l'eau et on peut ensuite multiplier les micros clichés.
Un magnifique brochet qui n'a pas demandé son reste pour repartir en de parfaites conditions. Deux métrés en 15 jours, je n'en demandais pas tant mais je prends avec plaisir !
Nouvelles tentatives ce week-end en grand lac avec l'espoir de faire encore plus gros...










