Le retour des températures automnales avec les quelques précipitations ont fait le plus grand bien. Il était temps !
Les semaines passent et nos eaux commençaient sérieusement à souffrir d’eutrophisation. Si la pêche était toujours possible en certains points, ailleurs, elles étaient devenus catastrophiques. Le cocktail faible hauteur d'eau, température élevée et pollution ont décimés des populations piscicoles entières, ailleurs, les poissons tentent de survivre...
Triste constat à l'heure où l'environnement est dans tous les débats politique. Comment cela va être une fois les chaussées détruites pour la libre circulation des sédiments ? Quand je vois l'état de nos eaux derrière les chaussées où il reste un minima de profondeur, je ne vous raconte pas ce que cela va être une fois leurs suppressions !
Bref, ce changement de temps est le bienvenue et il le fallait pour la survie de nos poissons mais également pour la qualité de la pêche. Désormais, un bon coup d'eau va finir le travail en redonnant une bouffée d'oxygène. En attendant, ce virement de situation a réveillé nos amis à dents. Au dernier article, mon sentiment était partagé avec l'envie d'aller sur l'eau et celui de me battre pour deux ou trois touches. Si les perches peuvent sauver les meubles en diminuant la taille des leurres, les sandres étaient difficiles. Aujourd'hui je suis remotivé comme jamais !
Vendredi dernier, avec un ami, nous avions des bricoles à regarder avant d'aller tenter un coup du soir sur une pièce d'eau. A cet endroit les eaux étaient mâchées il y'a encore quelques semaines par la chaleur et aujourd'hui la visibilité est de plus d'un mètre. Gardons et carpes pavanent en surface, la vie a clairement repris son chemin depuis la diminution des températures. Des conditions optimales pour tenter les sandres depuis le bord sur les dernières lueurs du jour. Une pêche rapide où j'opte pour du linéaire au souple avec animation agressive sur un cassant.
Pour faire simple, les fonds forment ici plusieurs marches où autour la dénivelée est très faible. Avec des niveaux d'étiage, les postes se raréfient et celui là reste le point de repère du secteur. Sans surprise les poissons sont là mais surtout actifs, les touches s’enchaînent avec la capture de nombreux sandres.
Si la taille est faible - 30 à 55cm - la qualité des frappes me réjouit. Les sandres viennent de très loin chercher les leurres et les aspirent sans aucune retenue, tout ce que j'aime ! En prime la capture de quelques black-bass viendra alourdir le tableau.
Pour voir si la pêche est réellement dans ce tempo, le samedi je pars en direction d'Alain en float-tube en lac de barrage sur un poste que je ne connais sur les bouts de mes doigts. Les niveaux sont encore un poil haut (50 à 60cm de trop) pour que les poissons se situent où je le souhaite mais finalement la différence reste faible et il y'a pas de raisons qu'une paire d'individus n'ont pas commencé à y descendre. La pêche est alors méthodique sur des points clés du lac, en grattant ici et là on vole quelques perches (max 37cm), un broc de 60cm pour Alain et quelques sandres de 45 à 55cm.
Les touches sont irrégulières mais ça rentrent ici et là sur la journée, un peu d'action qui fait du bien jusqu'à un petit toc puis une lourdeur sur mon montage. Au ferrage, rien ne bouge avant de démarrer violemment sur une 15aine de mètre. Immédiatement j'annonce avoir ferré une carpe mais la suite du combat va rester "bizarre".
J'ai les démarrages en force qui coïncident mais à chaque fois que je reprends la main pour brider, je n'ai pas de difficultés à décoller le poisson du fond. J'annonce avec doute qu'il pourrait bien s'agir d'un gros sandre pris par le travers ou d'un brochet mais que dans tous les cas - au vu de la puissance - c'est gros ! Au point qu'il me faudra plusieurs minutes avant d'apercevoir le poisson, c'est une poutre !!!
Le brochet a du se louper sur son attaque - d'où la première sensation - et c'est empalé l'hameçon derrière la tête. Au ferrage, je l'ai définitivement ancré. Un bien pour un mal puisqu'au moins le fluoro en 27% ne risque pas d'être cisaillé mais le combat reste tendu avec un poisson en pleine forme. Épuisette prête, au premier essai il est logé. Ouch, quel poisson !
A sa première apparition, je l'estimais autour des 90cm, finalement j'ai vu un peu court, la bête est maillée.
Un magnifique poisson en pleine forme qui va m'en faire voir de toutes les couleurs pour les clichés souvenirs. Alain réussira d'ailleurs à immortaliser un combat aérien avec la bête. Très heureux de ce poisson inattendu, j'avais déjà pris sur ce lac des individus de 80/85cm mais je n'aurai jamais misé y prendre un jour un poisson métré.
Toujours est-il que faute de pêche le week-end prochain (sauf petit créneau en fonction de l'avancement des travaux engagés) ce poisson clôture le mois comme il a commencé. Après la capture d'un doublé de métré, celui-ci vient fermer le volet "gros brochet". Désormais, place à la saison des sandres avec comme unique objectif la capture de "grands individus". L'évolution des niveaux des lacs de barrage que j'ai sélectionné vont dans me sens, il ne reste qu'à concrétiser. L'an passé j'avais réussi à extirper une bonne série de 70/80cm et quelques plus gros (max 89cm) mais les plus massifs avaient été décrochés (90 à 95cm). Cette année le mot d'ordre est "vengeance"...








